Dans le procès qui oppose l’homme politique Aliou Bah au parquet général devant la cour d’appel de Conakry, le ministère public, dans ses réquisitions, a requis une condamnation de 5 ans de prison ferme contre le prévenu. Une proposition jugée disproportionnée par la défense. En plus, elle suscite des inquiétudes chez les avocats de la défense ce, par expérience.
La proposition ne dérange pas Me. Almamy Samory Traoré, mais plutôt l’indépendance de la cour face à cette demande du parquet. ‘’Le problème qui se pose, c’est que toutes les peines dans les dossiers à caractère politique que le ministère public propose à l’audience, paradoxalement, ce sont ces peines qui sont prononcées dans les jugements. Alors, nous, on se dit, mais pourquoi la position du ministère public est automatiquement conduite par les juges, étant entendu que les juges doivent quand même être indépendants, ils doivent pouvoir rendre leurs décisions, non pas sur la base de ce que dit forcément le ministère public, mais sur la base de la règle de droit’’, estime-t-il.
L’avocat justifie sa déclaration par des exemples basés sur certains dossiers à caractère politique. ‘’Ce que je dis, ça a été le cas de M. Amadou Damaro Camara. Lorsque le procureur a demandé 4 ans, le juge a donné 4 ans. Pour Dr Mohamed Diané, le procureur a demandé 5 ans, le juge a donné 5 ans. Et c’est la même chose que d’autres personnes poursuivies’’, a-t-il rappelé.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
