Le procès de l’État guinéen représenté par l’Agent Judiciaire contre Ibrahima Kourouma et Mohamed V Sankhon s’est poursuivi ce mercredi 16 avril 2025, devant la cour correctionnelle de la CRIEF.
Poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics et enrichissement illicite, cette affaire avait été mise en délibéré pour décision être rendue ce mercredi 16 avril. Sauf que, le président de la Cour Yagouba Conté a décidé de proroger la date de la décision au 7 mai prochain.
Une décision qui ne fait visiblement pas plaisir à la défense. Me. Almamy Samory Traoré se dit déçu de la décision, tout en dénonçant que cela contribuerait à restreindre la liberté de son client qui est en détention depuis le 21 avril 2022.

‘’…Pour ce cas particulier, franchement, moi j’ai un sentiment de déception. Déception, parce que nous estimons que tous les éléments quand même sont réunis dans ce dossier pour que nos clients puissent être situés sur leur sort aujourd’hui. Pour l’autre, le délibéré ne va continuer qu’à endurcir la peine déjà qui est infligée à M. Ibrahima Kourouma’’, a-t-il déploré.
Selon Me. Almamy Samory Traoré, la plupart des décisions rendues par cette juridiction concernant surtout les anciens dignitaires, c’est le plus souvent celle proposée par le parquet. C’est pourquoi, il lance cette mise en garde à l’endroit de la cour.
‘’Je veux simplement faire une mise en garde, une mise en garde parce que ce que nous avons remarqué ici à la CRIEF, pour toutes les procédures qui concernent les anciens dignitaires de l’Etat, la chambre de jugement qui a jugé ces deux personnes, que ce soit Kassory, que ce soit Damaro, que ce soit Dr. Mohamed Diané, toutes les peines qui ont été proposées par le parquet spécial, la chambre de jugement a systématiquement reconduit les mêmes peines. On ne change même pas de virgule, on a l’impression que ces peines ont été dictées ailleurs, le parquet donne l’information et le juge entérine. Nous mettons en garde contre cette systématisation de prononcer des peines concernant les mêmes personnes qui sont poursuivies dans les mêmes situations’’, a averti l’avocat.
Il faut rappeler que le parquet spécial avait requis 5 ans d’emprisonnement et le paiement de 50 milliards GNF contre les prévenus Ibrahima Kourouma et Mohamed V Sankhon. La décision finale est donc attendue le 7 mai prochain.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
