Après plusieurs semaines d’interruption en raison du mois de ramadan, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a repris ce samedi 12 avril 2025, à son siège sis à la Minière, dans la commune de Dixinn, son assemblée générale hebdomadaire. À cette occasion, le président du parti a pris la parole en vidéoconférence depuis son exil où il vit près de trois ans pour donner sa grille de lecture sur la conduite de la transition en cours en Guinée.
Dans sa communication, Cellou Dalein Diallo a vigoureusement dénoncé les nombreuses violations des droits de l’homme que la junte s’est engagée à respecter lors de sa prise du pouvoir.
‘’Nous avons soutenu et fortement les militaires lorsqu’ils ont pris le pouvoir. Nous avons soutenu, parce qu’ils ont décliné un discours qui correspondait à nos valeurs. N’ont-ils pas dit qu’ils allaient mettre fin à l’instrumentalisation de la justice, au piétinement des droits et libertés des citoyens et qu’ils allaient organiser avec diligence le retour à l’ordre constitutionnel, en remettant le pouvoir à celui que le peuple aura choisi ? N’ont-ils pas dit que dans l’action publique, il ne serait guidé que par une seule boussole : la justice et le droit ?
Aujourd’hui, après trois ans et demi d’exercice du pouvoir, lorsque vous faites le bilan, quelle est la réalité ? Elle est toute différente. Des engagements pris lors de la prise du pouvoir, mais également aux dispositions de la charte de la transition. La charte de la transition qui stipulait dans les articles 8 et 19 qu’aucune situation d’exception ne pouvait justifier la violation des droits humains. Le premier droit de l’homme, c’est le droit à la vie. Combien de gens ont été abattus parce qu’ils tentaient d’exercer un droit fondamental, celui de manifester dans les rues et sur les places publiques ? Il y a plus de 60 jeunes qui ont été abattus sur l’axe. Ils n’ont eu droit à aucune justice, à aucune compassion, à aucune enquête pour identifier et déférer devant les tribunaux conformément à la loi, les auteurs et commanditaires de ces crimes. Où sont aujourd’hui Foniké Menguè, Bilo Bah, Marouane Camara, Saadou Simanga? Ils ont organisé des disparitions forcées, des voix dissonantes, qui n’avaient pas d’armes létales, mais qui ne faisaient que critiquer les dérives de la transition. Aujourd’hui, nul d’entre nous ne sait si ces messieurs sont vivants ou morts’’, a-t-il fustigé.
Poursuivant, le président de l’UFDG a laissé entendre que son parti est contre les pratiques liberticides qui privent les guinéens de leurs droits.
‘’On a tendance à dire que l’UFDG est contre la junte. On n’est pas contre une personne. On est contre des pratiques liberticides qui privent les guinéens de leurs droits. Le droit à la vie, le droit à la liberté d’expression, d’association, de réunion’’, a martelé l’ancien premier ministre.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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