Si rien n’est fait, les citoyens les plus vulnérables continueront à souffrir. C’est pourquoi je tire, une fois de plus, la sonnette d’alarme auprès des autorités. Je l’ai déjà fait sur la télévision nationale, et je le répète ici.
En Guinée, particulièrement à Kankan les cliniques privées sont devenues de véritables machines à broyer l’argent des pauvres. Ce qui s’y passe relève de l’anarchie totale.
On y prescrit des examens coûteux sans justification médicale, uniquement pour soutirer de l’argent aux patients. Les facturations sont excessives, injustifiées, et parfois même absurdes.
Pour un simple soin, on peut vous remettre une facture de plus de 5 000 000 de francs guinéens. C’est tout simplement inadmissible.
J’ai vu de mes propres yeux une clinique dirigée par un ATS, un agent au plus bas niveau de la hiérarchie médicale. Le comble, c’est lorsqu’il s’agit d’hospitalisation : trois jours peuvent vous coûter jusqu’à 4 millions de francs guinéens.
Et si vous osez poser des questions, on vous sert des justifications mensongères, évoquant des médicaments ou des examens qui, dans les faits, ne coûtent presque rien.
Prenons un exemple concret : un patient souffrant simplement de fièvre, traité avec quelques kits de médicaments dont le coût réel ne dépasse pas 150 000 GNF, se voit facturer jusqu’à 800 000 GNF ! C’est incroyable, mais c’est malheureusement une réalité.
Ce qui est encore plus choquant, c’est que la majorité de ces cliniques privées appartiennent à des médecins en poste dans les hôpitaux publics.
Ils orientent systématiquement les patients vers leurs cliniques pour maximiser leurs profits, au détriment des principes éthiques de la déontologie.
Il est urgent que le ministre de la Santé s’empare de cette situation. Ce qui se passe dans les cliniques privées de notre pays est profondément révoltant et ne peut plus continuer ainsi.
Dr. Karamo Kaba
Écrivain ~~ Auteur
Consultant en Santé publique & Prévention
Tatakaba66@gmail.com
