Le Mouvement Démocratique Libéral a repris sa traditionnelle assemblée générale hebdomadaire ce samedi 5 avril 2025. Au menu, la situation socio-politique de la Guinée, le procès en appel de leur leader et la sensibilisation des militants sur la nécessité du recensement biométrique, annoncé par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation.
En marge de cette assemblée, les responsables du parti se sont prononcés sur la date du 21 septembre 2025, fixée pour la tenue du référendum constitutionnel, par le président de la transition. Moïse Diawara, porte-parole du MoDeL révèle que son parti avait déjà adressé un mémorandum au CNRD, prenant en compte tout cet aspect de la transition.
‘’Le document qui avait été proposé par le MoDeL prenait en compte aussi le délai. Nous, on faisait partie de ceux qui pensaient que dans un délai de deux ans, on pouvait bel et bien organiser des élections’’, rappelle-t-il. Toutefois, Moïse Diawara déplore la non prise en compte de leurs recommandations par le CNRD.
‘’C’est pourquoi, l’État n’a pas décidé de prendre en compte notre proposition dès au départ. Parce que là, nous aurions au moins évité cette perte de temps, en argent surtout, parce qu’on avait proposé le recensement biométrique, parce que le fichier qui était là, n’était pas un fichier consolidé. On avait prévu un bon plan, dans ce sens, on les avait déposés, on avait soumis à qui de droit, mais on a constaté que le plan n’a pas été pris en compte. Dans le fichier, nous, on avait prévu qu’on pouvait bien travailler sur les préalables pour aller à un retour à l’ordre constitutionnel dans un délai de deux ans’’, a-t-il fustigé, avant de préciser que la prise en compte de cette proposition aurait permis d’éviter des efforts inutiles. ‘’Mais aujourd’hui, l’histoire nous donne raison’’, a-t-il estimé.
De son côté, le responsable de la cellule de communication du MoDeL, après avoir précisé l’existence de ces documents, se montre pessimiste quant au respect de cette date à partir du moment que les préalables ne sont toujours pas mis en place.
‘’Nous ne sommes pas là pour une question de délai. C’est une question de contenu. Aujourd’hui, nous allons partir au référendum. Mais partir au référendum avec quel fichier ? Partir au référendum avec quels acteurs? Partir au référendum avec quelle constitution ? Parce que jusqu’à preuve du contraire, on n’a pas une nouvelle constitution. On a un projet de constitution. Pour le moment, aucune constitution n’est présentée au peuple. C’est un projet, même ça, c’est un avant -projet. Même le projet n’est pas présenté. À partir du moment que nous avons maintenant une nouvelle constitution, nous avons un fichier électoral, nous avons les acteurs, nous avons l’organe de gestion, c’est en ce moment, qu’on va parler du référendum’’, a ajouté Ibrahima Sory Diallo.
Pour lui, ‘’le référendum tiendra compte trois ces éléments là. Sinon, pour nous, c’est une mise en scène. C’est pas une question de délai. C’est une question de réalisation, de faisabilité. Mais si cela n’est pas fait, je pense que c’est une fuite en avant’’, affirme-t-il.
Plus loin, il pense que le choix du mois de septembre n’est qu’une manœuvre pour se maintenir au pouvoir. ‘’On va arriver en septembre, on sait que c’est un moment pluvieux. Les fortes pluies, c’est en septembre. Après, on va nous dire : écoutez, on n’a pas un fichier électoral. On va encore nous envoyer en décembre. Et ça sera un éternel recommencement’’, réitère-t-il, tout en appelant les acteurs politiques au dialogue inclusif pour sortir de cette léthargie.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
