En séjour à Nairobi, au Kenya, Cellou Dalien Diallo, qui a intégré dans le club de Madrid, -une puissance association réunissant d’anciens chefs d’Etat et de Gouvernement-, a animé ce jeudi 3 avril 2025, un panel de haut niveau. Un panel axé sur le thème « Repenser la soutenabilité de la dette souveraine ».

Dans la Capitale Kenyane, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a pris part à l’ouverture officielle de l’Annual Policy Dialogue 2025 du Club de Madrid. Un rendez-vous des grands, qui a réuni d’importantes personnalités de ce monde.

Après le discours prononcé par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, Mme Zenab Hawa Bangura, Sous-Secrétaire générale et Directrice générale du Bureau des Nations Unies à Nairobi, Danilo Türk, Président du Club de Madrid, ainsi que le Ministre des Affaires étrangères du Kenya, représentant le Président de la République du Kenya, William Ruto, ont à tout de rôle pris la parole.

Tous ont reconnu que les pays en développement, notamment ceux d’Afrique subsaharienne, sont confrontés à une crise sévère de la dette qui risque, si rien n’est fait pour la conjurer, de retarder leur développement et de compromettre la réalisation des ODD, ainsi que les actions pour l’atténuation du réchauffement climatique. Selon l’homme politique, les différents intervenants, tous, ont exhorté la communauté internationale, notamment le G20, à mettre en œuvre les recommandations pertinentes des Nations Unies à cet égard.
Ainsi, après la séance officielle d’ouverture, les participants ont assisté à l’animation de deux panels : le premier, consacré au thème « Le défi du financement mondial du développement », et le second, intitulé « Renforcer et réformer les institutions financières ».
‘’Dans l’après-midi du 3 avril, j’ai Co-animé, avec Mme Elizabeth Sidiropoulos, Directrice de l’Institut sud-africain des Affaires internationales, ainsi que d’autres experts des Nations Unies, le panel intitulé « Repenser la soutenabilité de la dette souveraine ».
Au cours de mon intervention, j’ai attiré l’attention des participants sur les facteurs susceptibles d’entraver l’adoption des propositions pertinentes formulées par plusieurs organisations pour le traitement et la prévention des crises de la dette. Parmi ces facteurs, on note la forte baisse de l’APD annoncée par les grands créanciers du Club de Paris. Les États-Unis, par exemple, ont décidé de réduire de 83 % le budget de l’USAID ; la France prévoit une baisse de 37 % de son APD en 2025 ; la Belgique, de 32 % ; le Royaume-Uni, de 0,5 % à 0,3 % de son PNB d’ici 2027 ; et les Pays-Bas envisagent une réduction de 2,4 milliards d’euros à partir de 2027.
S’ajoutent à cela les divergences, voire les conflits, qui opposent aujourd’hui ces grands créanciers du G20 – et même du Club de Paris – dans des domaines aussi variés que la sécurité, le commerce, le climat, le financement du développement ou encore l’aide humanitaire’’, a indiqué Cellou Dalein Diallo.
L’ancien premier ministre a avancé que dans un tel contexte, il pourrait être difficile d’obtenir un consensus, même au sein du Club de Paris, sur une annulation substantielle de la dette et une augmentation de l’APD pour financer la réduction de la pauvreté, l’action climatique et le développement durable.
‘’Obtenir ce consensus au sein du G20 sera l’un des défis auxquels l’Afrique du Sud sera confrontée en tant que présidente de ce groupe aux intérêts de plus en plus divergents, voire conflictuels.
Sans ce consensus au niveau des créanciers officiels, comment pourrait-on vaincre la réticence des créanciers privés (qui ont reçu en 2024 54 % des services de la dette payés par l’Afrique) et des cabinets de notation (appelés à revoir leur système de notation jugé défavorable à l’Afrique) à participer aux efforts d’allègement et de prévention des crises de la dette des pays en développement ?’’, s’est interrogé le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée, en exil forcé depuis le 6 mars 2022.
Lerevelateur224.com.
