Depuis un certain temps, la tension persiste entre un groupe d’éleveurs et les femmes paysannes de Firawa centre, une localité située à 53 km de la commune urbaine de Kissidougou. Ces femmes rurales ont exprimé leur mécontentement le mardi 1er avril dernier, à travers une manifestation pacifique, qu’elles ont organisée devant les autorités locales.
Selon ces femmes, la présence massive des zébus dans leur localité constitue non seulement une menace pour les activités agricoles en général, mais aussi, un handicap pour l’agriculture maraîchère qui est la principale activité de la gent féminine. Ainsi, face à cette situation tendue, les autorités locales de firawa ont transporté l’affaire au niveau du commissariat central de police de Kissidougou. Tamba Léno, vice-président de la délégation spéciale de firawa, revient sur la genèse de cette cohabitation difficile.

‘’Au début, on avait installé un éleveur guinéen ici du nom de Abdoulaye Sow. Tout allait bien entre nous dans un premier temps, mais les problèmes ont commencé quand Abdoulaye a fait venir un autre éleveur malien. Donc, depuis, notre village est envahi par les zébus qui s’attaquent à nos champs et détruisent nos terres. Ils occupent illégalement les domaines agricoles empêchant les locaux à vaquer à leurs activités agricoles. Or, ici, nous vivons uniquement de l’agriculture. Mais les femmes qui font le maraîchage sont les plus impactées par ce phénomène. C’est pourquoi, elles ont manifesté ce mardi. Actuellement, l’affaire se trouve dans les mains de la police qui a déjà commencé les investigations sur le terrain’’, a-t-il relaté.
Continuant, le vice-président de la délégation spéciale n’a pas manqué d’égrener quelques conséquences de la présence des zébus à firawa.
‘’Aujourd’hui, nos domaines agricoles sont occupés. Nos terres sont devenues dures et elles ne sont plus fertiles comme dans le passé. Autre conséquence, c’est la baisse drastique de la productivité et la rareté des denrées, parce que beaucoup de femmes vivent désormais de la vente des balais. Cette année, nous sommes confrontés à un manque de nourriture, parce que ces éleveurs nous empêchent de produire. Notre localité est reconnue par sa production très élevée du haricot, mais cette année, on en trouve même pas’’, a-t-il condamné.
Jeannette Komano, représentante des femmes de Firawa, interpelle les autorités à agir vite pour les rétablir dans leurs droits.

‘’Nous sommes des femmes pacifiques, nous ne voulons pas recourir à la violence. C’est pourquoi, au nom des laborieuses femmes de Firawa, j’invite les autorités à nous débarrasser de ces éleveurs qui confisquent nos terres cultivables. Nous ne voulons plus cohabiter avec eux, ils peuvent continuer ailleurs. Ca fait deux ans que nous souffrons. A cause de ces zébus, nous faisons face à une pénurie de nourriture cette année et nous craignons la famine pendant l’hivernage qui pointe à l’horizon’’, a-t-elle sollicité.
À rappeler que ce conflit entre éleveurs et agriculteurs à firawa intervient au lendemain du communiqué des autorités appelant les éleveurs maliens à se retirer du territoire guinéen d’ici le 15 avril prochain.
Affaire à suivre.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lervelateur224.com.
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