L’ex-Président de la transition guinéenne (2008-2009), capitaine Moussa Dadis avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle dans le procès du 28 Septembre de Conakry, pour des responsabilités de commandement. Dans la nuit du vendredi dernier, à travers un décret lu à la télévision nationale par général Amara Camara, il a bénéficié d’une grâce présidentielle du général Mamadi Doumbouya. Cette décision prise par le Président Doumbouya, fait réagir des acteurs politiques.
Le coordinateur du Bloc Libéral dans la région administrative de N’Zérékoré, interrogé ce mardi 1er avril 2025 par notre correspondant régional, s’est exprimé sur cette affaire qui continue de susciter des réactions dans le pays.
‘’Moi, je crois que la liberté n’a pas de prix. Apprendre qu’un guinéen comme vous a eu une liberté, ça doit être d’abord une joie. Mais, s’il faut situer la chose dans son contexte, il faut se dire que ce procès s’est déroulé dans un contexte où il y avait beaucoup de passion. Et enfin de compte, la conclusion, le verdict était pour un chef d’accusation qui ne l’était pas au départ. Parce que pour un départ, le capitaine Moussa Dadis a été inculpé pour des complicités d’assassinat, pour des crimes contre l’humanité. Mais enfin de compte, on le condamne pour responsabilité de commandement. Ça veut dire que ce qui a été dit au départ, ce n’est pas ce qui s’est fait au finish.
En deux, ce qu’il faut savoir, maintenir Dadis en prison, ça allait vraiment prévaloir à un précédant que je qualifierais de grave pour notre pays. Parce que si c’est pour des responsabilités de commandement, moi, je crois que la petite histoire de note pays nous enseigne que tous les Présidents de la République qui sont passés là, il y a eu beaucoup de morts sous leurs commandements, sous leurs autorités. Du premier régime jusqu’au dernier régime avant le général Doumbouya. On a connu, il y a eu des drames partout. Mais bien, si ces choses n’ont jamais fait un procès, c’est uniquement pour ce cas-là, moi, je crois que ça allait créer un précédent. Ça, c’est clair.
Mais autre chose qu’il faut signaler aussi, c’est que, il faut saluer l’esprit de grandeur du général Doumbouya. Parce que cet acte, va dans le sens de la cohésion sociale. Je pense que, aussitôt on a vu ce n’est pas seulement à N’Zérékoré, mais à Conakry aussi beaucoup ont manifesté dans ce sens-là. S’il y avait notre tissu social qui était beaucoup plus entorsé, je crois que ça commence à être réparé. Et là aussi, il faut le saluer’’, a salué Moïse Haba.
Mieux, cet acteur politique rappelle que la libération du Capitaine Moussa Dadis Camara a été obtenue pour des raisons de santé. S’il salue la grâce, il souhaite toutefois que l’ancien président bénéficie d’une amnistie, qui puisse lui permettre de faire valoir ses droits civiques (civil et politique).
‘’Il reste l’aspect de l’amnistie pour que Dadis puisse bénéficier de tous ses droits civiques : le droit civil et le droit politique. Je crois que cela reste à faire’’, estime M. Haba.
Cette libération ne doit être une occasion de faire d’autres manifestations de nature à provoquer autre chose. ‘’Parce qu’aujourd’hui, il y a aussi quelque part certains qui avaient perdu leurs parents dans cet évènement douloureux’’, ajoute-t-il.
Par ailleurs, poursuit le coordinateur du bloc libéral à N’Zérékoré, ‘’je dirai au capitaine Moussa Dadis de revivre son film dans tout ce qui s’est passé. Qu’est-ce qu’il tire comme leçon en tant qu’homme d’Etat ? Ça, c’est pour que s’il y a eu des erreurs, que ces erreurs ne se reproduisent pas’’.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 620 980
