Le conflit entre éleveurs et agriculteurs qui a suscité un soulèvement populaire des agriculteurs qui ont sommé le président de la délégation spéciale et le sous-préfet de quitter leurs postes le 5 mars dernier à Foumbadou, relevant de la préfecture de Lola, n’est pas sans conséquence sur les habitants de cette zone. Depuis l’arrivée de la gendarmerie, la ville est déserte à cause du déplacement massif de plusieurs personnes pour des endroits cachés, dans le but de rester hors du coup de filet des forces de défense et de sécurité.
Sortis de gauche à droite de leur lieu de cachette, ces exilés se sont exprimés au micro de notre correspondant régional. Falykou Camara, qui est accusé d’être l’auteur de la fusillade sur N’Faly Camara lors de la confrontation entre manifestants et forces de l’ordre, s’explique.

‘’On a nos propres bœufs ici, marque damas. Ils emmènent des zébus chez nous et ils donnent de l’argent à nos autorités à commencer par le gouverneur, le préfet, jusqu’à celles de Lola et de Foumbadou. Donc, quand les zébus dévastent ton champ, même si tu chasses ces gens, ils disent 10 bœufs sont perdus. Et les autorités prennent l’agriculteur pour le condamner.
A Lola, il y a certains qui sont restés là-bas pour le reste de leurs vies. Même moi qui parle, l’année passée, on m’a emprisonné 3 mois 6 jours. Parce que tout simplement Soumayela a dit que je suis rebelle, j’ai cassé sa maison. Donc, j’ai subi ce sort. Dieu a fait grâce, nos ressortissants sont venus, et comme on juge quelqu’un s’il y a preuve, et qu’il n’y avait pas de preuve, on m’a libéré’’, a-t-il dénoncé.
Pour échapper à ce qu’ils qualifient d’arrestation arbitraire, plusieurs adultes se sont exilés en brousse. Par conséquent, ils sollicitent l’aide du Président de la transition.
‘’Le plus souvent, quand ils constatent que tu n’es pas pour leurs intérêts personnels, parce que chez nous ici, ils priorisent les zébus que l’être humain, l’agriculteur plus précisément. Donc, cette affaire récente, les gens sont en train de m’accuser que moi Falykou, je suis rebelle. Ce sont les éleveurs qui ont appelé les autorités. Ils ont envoyé les pick-up. Les imams, nos sages, les fondateurs et plusieurs personnes, nous tous on est en brousse. Moi, ça me fait 6 jours ici aujourd’hui je suis en brousse. Et d’ailleurs, ils disent que c’est moi qui ai tiré sur mon propre frère. Je peux former une rébellion contre mon propre village ? Je ne peux pas faire ça.
Donc, ma parole-là s’adresse au Président Mamadi Doumbouya, s’il ne nous aide pas en forêt, vraiment, nous, on va abandonner la forêt à cause de ces zébus. Parce que nous connaissons, moi particulièrement, je connais que c’est le Président Doumbouya qui peut nous aider.
C’est Mory Traoré qui a tiré sur mon frère. Tout le monde connait ça. Mais comme ils ont compris que les autres agriculteurs et moi ne voulons pas des zébus, le maire, le sous-préfet ont appelé pour emmener les pick-up, ils veulent nous maltraiter, nous bastonner. C’est pourquoi, tout le monde a fui, on est en brousse malgré nous’’, s’est-il lamenté.
Selon lui, il est très regrettable pour eux de continuer à vivre en brousse à cause de l’existence des zébus.
‘’On ne peut pas rester en brousse ici à cause de notre propre raison. Je sais que cette situation est très petite pour le Président de la République. Doumbouya peut nous aider. Donc, il faut qu’il nous aide. Il n’a qu’à nous aider. Sinon, Foumbadou l’une des zones agricoles du pays va connaitre une famine à cause des zébus non contrôlés’’ a interpelé Falykou Camara alias Lykou.
Alors que ces citoyens continuent de séjourner en brousse, le président de la délégation spéciale de Foumbadou, contacté, reste encore hostile à toute communication dans cette affaire.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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