A N’Zérékoré, plusieurs femmes se sont démarquées de par leur dévouement et leur engagement dans l’entrepreneuriat. C’est le cas de dame Madeleine Théa, ancienne maire de la commune urbaine de N’Zérékoré en 1994, ensuite députée-maire à la CEDEAO pendant des années.
Cette vieille femme a finalement décidé d’emprunter le chemin de l’entrepreneuriat, après plusieurs années au service de l’administration. Rencontrée ce Jeudi 13 mars 2025, la dame a affirmé qu’elle ne lâchera jamais l’entrepreneuriat jusqu’à son dernier souffre.
‘’J’ai fait une plantation d’hévéa sur la route de Bounouma. De là-bas aussi, j’ai construit et j’ai fait une porcherie ; à l’heure-là, j’ai près de 200 têtes de porcs. Là où je suis, dès que je finis, je vais leur donner à manger, il y a un gardien qui est là. C’est-à-dire pour moi, il ne suffit pas de s’assoir, il faut continuer pour apprendre les autres, pour apprendre tes enfants à faire mieux. Et Dieu merci, quand mon garçon est revenu des Etats-Unis 22 ans après les études, je l’ai fait venir. Et il est venu, c’est lui qui dirige maintenant l’école ; c’est lui qui continue maintenant la construction du peu que j’ai introduit dans l’école.
Il faut avoir l’esprit du progrès et le courage surtout ! Mais si tu veux t’assoir pour qu’on te donne tous les jours, le jour où ils n’auront pas à te donner, tu seras obligé de faire ce que les gens ne tolèrent pas. Comme il y a la vieillesse, je l’ai tantôt, c’est tout ce que je connais. Mais je n’aime pas rester tranquille. Je vais me battre, je me débrouille toujours pour continuer’’, a fait savoir Madeleine Théa.
Si avant, la direction régionale de l’action sociale était dirigée par les femmes, de nos jours, c’est le contraire. Chose qui suscite l’inquiétude chez notre interlocutrice.
‘’Je remercie les femmes de la Guinée forestière. Seulement, une remarque que j’ai eue à faire à la ministre quand elle était venue ici, elle nous a invité, on a répondu. Avant, à notre temps, c’est nous femmes qui commandions les femmes. Mais à l’heure-là, ce sont les hommes qui commandent la direction des femmes. C’est-à-dire, l’action sociale. Au niveau du gouvernorat, au niveau de la préfecture et là, je ne sais pas pourquoi. Puisqu’avant, c’étaient les femmes qui dirigeaient. Quand on enlève une femme, on met une autre. Mais peut-être les femmes ne connaissaient pas, ou bien, ils ont mis spécialement ces hommes-là à l’école des affaires sociales, certainement. Là, je n’ai pas compris, j’ai demandé à la ministre, elle m’a dit qu’elle a compris’’, a-t-elle affirmé, avant de se pencher sur les évènements douloureux du stade 3 avril de N’Zérékoré.
‘’Au stade ici, on a eu beaucoup de tueries. Moi, j’ai dit en ce moment-là à la délégation, qu’il faut un grand sacrifice pour libérer N’Zérékoré, il y a eu trop de morts, surtout d’enfants. Donc, des cas comme ça, on doit aller vers les sages et faire ce qu’on peut faire pour libérer la ville de N’Zérékoré. Et réparer le stade de N’Zérékoré ; tout ça-là, ça fait honte’’, a lancé Madeleine Théa.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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