Le conflit entre agriculteurs et éleveurs devient une affaire préoccupante pour la direction régionale de ce département à N’Zérékoré. Interrogé par notre correspondant régional ce mardi 11 février 2025, Tidiane Kaba a porté de graves accusations.
Alors que d’autres accusent les autorités d’être à la base de ces conflits, le directeur régional du ministère de l’agriculture et de l’élevage lui, pointe un doigt accusateur contre les communautés qui installent les éleveurs en contrepartie d’un montant ou autres, sans l’implication des services techniques. Pour lui, c’est le non-respect des principes d’installation qui amène beaucoup plus de conflits.
‘’C’est le non-respect des principes d’installation qui amène beaucoup plus de conflits. Parce que le principe voudrait que celui qui veut rentrer, vienne négocier le domaine pour installer ses bœufs. Il négocie avec le routinier, parce que ce n’est pas l’Etat qui leur donne le domaine. Ce n’est pas l’Etat qui les installe. C’est pourquoi, j’ai parlé tout à l’heure de l’identification des zones agropastorales. La mission est sur le terrain, ils sont en train de travailler. Mais avant que le résultat de ces états ne soit là, que l’Etat décide d’installer dans ses propres zones, les zones qui appartiennent à la communauté, ce sont eux qui installent les gens. Donc, quand ils viennent, les citoyens eux, ils disent bon moi, j’ai telle portion moyennant tel montant ou bien vous construisez ça pour moi ou vous faites ça pour moi ; ils négocient entre eux.
Au lieu de venir voir le service technique pour que nous, nous participons à ce deal, voir est-ce que c’est normal qu’on installe tel nombre de têtes dans cet endroit ? Parce que si vous installez 500 bœufs sur un espace qui devrait faire au moins 10 jours de consommation, un mois, deux mois, avec 500 têtes, ils ne feront que quelques heures. Et quand ils finiront de brouter l’herbe là-bas, obligatoirement, les animaux vont divaguer pour aller à la recherche du manger. C’est en ce moment qu’ils vont se retrouver dans le champ des gens. Et là, qu’est-ce qu’on peut faire ? Nous, on n’a pas été impliqués, alors qu’on ne connaît même pas le moment où l’éleveur est rentré, à quel moment il a négocié ce domaine’’, a accusé Tidiane Kaba.
La vulgarisation du code pastoral sera le moment opportun pour la direction régionale de l’agriculture et de l’élevage, d’expliquer davantage la procédure d’installation des éleveurs.
‘’Nous, nous acceptons, parce que le service technique c’est notre rôle. Quand ils ne font pas, on intervient, quand le problème est réglé, on essaie de leur faire comprendre que ce n’est pas la manière, ce n’est pas la procédure.
Et donc, on profitera de cette situation de vulgarisation du code pastoral, pour continuer davantage à expliquer la façon que les éleveurs doivent s’installer s’il y a des espaces, s’il n’y pas d’espaces, la réglementation doit être appliquée à tout le monde’’, a insisté Tidiane Kaba.
Il reste à savoir si cette campagne de vulgarisation du code pastoral portera ses fruits, afin d’éradiquer le conflit entre agriculteurs et éleveurs en région forestière.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelmateur224.com.
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