L’enquête se poursuit après la découverte du corps sans vie d’Aïcha Sacko, une jeune commerçante d’environ 26 ans, retrouvée dans sa boutique à Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia. Soupçonnée d’avoir été victime d’une agression à l’arme blanche, la jeune femme a été retrouvée morte le lundi 19 octobre 2026.

Deux jours après les faits, la brigade de recherche de la gendarmerie de Kindia a présenté, ce mercredi 21 octobre, un suspect présumé identifié comme Salif Camara à la presse. La présentation s’est déroulée en présence de la hiérarchie des forces de défense et de sécurité de Kindia.
Cette étape intervient dans le cadre des investigations visant à faire la lumière sur les circonstances de la mort d’Aïcha Sacko.
Le capitaine André Kèkoura Tinguiano, commandant de la brigade de recherche de Kindia, est revenu sur les circonstances de ce drame ainsi que sur l’évolution de l’enquête.

« Ce lundi 19 octobre 2026, à 16 h 45, alors que nous étions au bureau de notre unité, nous avons reçu un appel téléphonique du commandant de la brigade de gendarmerie territoriale de Friguiagbé, par l’intermédiaire de sa hiérarchie, nous informant de la découverte du corps apparemment sans vie de Mlle Aïcha Sacko, commerçante domiciliée dans le secteur de Mokèboungni, district de Friguiagbé 1, dans la sous-préfecture de Friguiagbé. Aussitôt informé, M. le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia, nous avons constitué une mission conduite par moi-même et composée d’enquêteurs de notre unité, avec l’appui de l’escadron de gendarmerie mobile d’intervention de Kindia. Nous nous sommes rendus sur les lieux, où le nommé Salif Camara, maçon domicilié dans le même secteur, a été interpellé pour des faits présumés d’assassinat », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, le commandant de la brigade de recherche de Kindia apporte des précisions sur les éléments recueillis au cours de l’enquête.

« Mlle Aïcha Sacko était une commerçante qui vendait des produits d’alimentation générale dans sa boutique, où ce malheureux incident s’est produit. Les premières investigations ont révélé que la victime bénéficiait régulièrement de l’appui de Salif Camara dans ses activités commerciales, ce qui témoigne de leur collaboration.
Au cours de son audition, le mis en cause a reconnu les faits qui lui sont reprochés et déclaré qu’il était le petit ami de la victime depuis longtemps. Il l’assistait dans la vente de ses marchandises. Après avoir longtemps soupçonné sa concubine d’entretenir également une relation avec un certain CIA, il aurait agi sous l’effet de la colère et de la jalousie. Il se serait introduit dans la boutique et, à l’aide d’un couteau, aurait poignardé à plusieurs reprises Mlle Aïcha Sacko, qui aurait succombé à ses blessures. L’enquête menée dans le cadre de cette affaire nous a permis de réunir contre M. Salif Camara des indices laissant présumer son implication dans les faits d’assassinat, prévus et réprimés par l’article 208 du Code pénal guinéen.
À l’issue de cette présentation à la presse, il sera conduit devant M. le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia, où il répondra de ses actes », a précisé le Capitaine André KèkouraTinguiano.
Salif Camara, suspect dans le meurtre d’Aïcha Sacko, reconnaît les faits qui lui sont reprochés.

« Je revendais des marchandises pour Aïcha. C’est elle qui m’avait donné de l’argent pour vendre du gasoil et de l’essence. Lorsqu’elle partait au marché pour faire ses achats, elle me confiait la boutique. À son retour, je lui remettais l’argent provenant des ventes. C’est ainsi que nous avons tissé de bonnes relations, jusqu’à ce qu’elle me confie la gestion complète de la boutique, notamment les achats et les ventes.
C’est également dans ce contexte qu’elle est entrée en contact avec un homme plus âgé que nous appelions CIA. Ce dimanche, vers minuit, elle m’a demandé d’aller lui acheter à manger. À mon retour, je l’ai trouvée devant la boutique avec CIA. Je me suis alors arrêté derrière la boutique.
Ensuite, ils sont entrés dans la boutique et y sont restés assez longtemps avant que l’homme ne reparte. Après son départ, j’ai appelé Aïcha pour lui dire que j’avais apporté la nourriture. Je lui ai ensuite demandé : ‘Aïcha, tu ne m’avais pas dit qu’il n’y avait rien entre toi et CIA ?’ Elle s’est énervée et m’a beaucoup crié dessus. Je me suis également énervé et je l’ai attrapée. Elle a alors pris un couteau pour me poignarder. J’ai retourné le couteau contre elle et je l’ai poignardée. Elle a pris un deuxième couteau et j’ai de nouveau retourné le couteau contre elle.
Quelques minutes plus tard, elle s’est couchée et ne respirait plus. C’est moi qui l’ai poignardée. Elle était ma petite amie. Après son décès, j’ai regretté mon acte et je l’ai couverte. Les faits se sont produits vers 1 heure du matin et je suis resté auprès de son corps jusqu’au matin, lorsque les forces de sécurité sont venues frapper à la porte », a-t-il avoué.
De son côté, Mohamed Sacko, grand frère de la victime, dit être rassuré par la justice et confiant à la suite de la procédure.

« Je suis abattu. En entendant également les déclarations du présumé auteur, nous comprenons qu’il s’agirait d’une affaire de jalousie. C’est tout ce que je peux dire pour le moment. Nous faisons confiance aux autorités et nous demandons à tout le monde de leur faire confiance. Lorsque nous sommes arrivés, nous avons trouvé que le présumé auteur était déjà entre les mains des autorités, ce qui nous a soulagés. Nous sommes également rassurés de voir que la procédure suit son cours.
Aujourd’hui, c’est notre famille qui est touchée, mais nous sommes convaincus que, si nous faisons confiance à nos autorités, elles pourront faire leur travail. Nous sommes désormais sûrs que justice sera rendue. Nous en sommes convaincus », a-t-il affirmé.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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