Comme annoncé dans notre précédent article sur cette affaire, le procès d’Algassimou Diallo, ancien procureur de la République près le tribunal criminel de Dixinn, se poursuit ce jeudi 15 octobre 2026 devant la Cour suprême de Conakry. Après environs 5h d’attente pour examiner la demande de récusation, la composition présidée par le juge Ibrahima Sory I Tounkara est remontée.
Concernant la requête de la demande, étant incompétent d’examiner cette requête, la composition présidée par Ibrahima Sory I Tounkara s’est référée à une autre composition pour statuer.
A l’issue, la demande a été rejetée. Ensuite, la régularité de la procédure engagée contre l’ancien magistrat s’est retrouvée au centre des débats. Ses avocats ont demandé l’annulation de l’ordonnance de renvoi ainsi que sa remise en liberté, dénonçant plusieurs violations présumées des règles procédurales.
Prenant la parole face à la défense, le procureur général près la Cour suprême, Sidy Souleymane N’Diaye a soulevé plusieurs arguments pour contester les demandes formulées par les avocats d’Algassimou Diallo.
Dans ses observations, le procureur général a développé trois arguments : l’irrecevabilité du recours, l’absence de recours et le caractère non définitif de l’ordonnance de renvoi. Il a soutenu que l’examen de l’affaire devait se faire conformément aux dispositions de la loi relative à la Cour suprême.
« Nous ne sommes pas en première instance », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de respecter les règles de procédure applicables devant la haute juridiction.
La défense dénonce des violations présumées du Code de procédure pénale
Cette position a été contestée par Me Moussa Diallo. L’avocat a estimé que le procureur général ne pouvait écarter le Code de procédure pénale alors que ce texte avait été invoqué dans le cadre des poursuites engagées contre son client.
Pour étayer son argumentation, il a cité l’article 280 du Code de procédure pénale, évoquant des violations présumées des délais de procédure dans le dossier d’Algassimou Diallo. Il a également invoqué les articles 447 et 396 du même code.
De son côté, un autre avocat de la défense s’est appuyé sur l’article 10 de la Constitution pour demander l’annulation de l’ordonnance de renvoi.
Prenant également la parole, Me Amadou Ds Bah a dénoncé des irrégularités qui, selon lui, entacheraient l’ensemble de la procédure.
L’avocat a ainsi demandé à la Cour suprême d’annuler l’ordonnance de renvoi et d’ordonner la remise en liberté de l’ancien magistrat.
À l’issue des débats, la Cour s’est retirée pour délibérer sur les différentes demandes formulées par les parties.
La décision attendue doit déterminer la suite de la procédure visant Algassimou Diallo, poursuivi pour des faits présumés de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence et d’association de malfaiteurs.
La Cour a reçu en la forme la demande d’annulation de l’ordonnance, mais la rejette. Sur le fond, la juge non fondée.
Les avocats ont suspendu leur participation aux débats. Selon eux, toutes les demandes formulées ont été rejetées par la Cour. Ils pensent que l’éliquilibre a été rompu à ce stade de la procédure.
Nous y reviendrons
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com, depuis la cour suprême.

