Créé en 1924, l’Institut de recherche en biologie appliquée de Guinée (IRBAG) est un établissement public à caractère scientifique et technique. Situé dans le district de Koba Pastoria, dans la commune urbaine de Kindia, il intervient notamment dans la recherche biologique et la collecte de venins destinés à la production de sérums antivenimeux.

Malgré son rôle dans la lutte contre les morsures de serpents venimeux, le prix élevé de ces produits constitue un véritable obstacle à l’accès aux soins. Un flacon pouvant coûter jusqu’à 80 dollars, de nombreuses victimes se retrouvent confrontées à des difficultés pour bénéficier rapidement du traitement nécessaire.

À Kindia, le coût des sérums antivenimeux suscite des inquiétudes. Jusqu’à 80 dollars le flacon, ce traitement indispensable aux victimes de morsures de serpents venimeux reste difficilement accessible pour de nombreuses familles.

L’Institut de recherche en biologie appliquée de Guinée (IRBAG) joue pourtant un rôle important dans la recherche et la production de produits destinés à la prise en charge de ces victimes.
Pour le directeur général de l’IRBAG, Mohamed Sahar Traoré, les morsures de serpents constituent un enjeu majeur de santé publique, notamment en milieu rural, où les faibles revenus des populations limitent l’accès aux soins.

« La problématique des morsures de serpents est un problème de santé publique extrêmement préoccupant, pour la simple raison que les populations vivant en milieu rural sont généralement les principales victimes. Ce sont aussi des populations dont le pouvoir d’achat est extrêmement faible. En même temps, si nous examinons le coût des sérums antivenimeux, nous constatons qu’ils ne sont généralement pas accessibles. Dinc, ce n’est pas à la portée du SMIG guinéen. À titre d’exemple, lorsqu’on parle d’un flacon de sérum antivenimeux, son coût varie entre 60 et 80 dollars à l’achat. Il existe plusieurs espèces de serpents en Guinée, parmi lesquelles certaines sont très venimeuses. Lorsqu’une personne est victime d’une envenimation, il faut généralement entre six et huit flacons, parfois jusqu’à dix, pour la traiter. Cela signifie qu’il faut multiplier 80 dollars par six, huit, voire dix flacons. Ce coût n’est réellement pas à la portée du Guinéen. Dans l’esprit des Guinéens, lorsqu’une personne est victime d’une morsure de serpent, elle doit directement venir à Pastoria pour accéder au sérum antivenimeux. C’est donc un problème très préoccupant pour nous, le personnel qui souhaite servir cette population. Nous essayons de relayer cette préoccupation auprès de la population et des autorités « , a déclaré Pr. Mohamed Sahar Traoré.
Poursuivant, Pr. Mohamed Sahar Traoré rappelle le rôle essentiel de l’IRBAG dans la recherche et la surveillance épidémiologique en Guinée. C’est pourquoi, il lance un appel aux autorités et aux personnes de bonne volonté à soutenir les victimes de morsures de serpents en facilitant leur accès aux sérums antivenimeux.
« En réalité, nous connaissons tous le contexte de la Guinée. Lorsqu’on parle de notre pays, on sait qu’il est extrêmement riche, mais il possède également une grande diversité biologique. Et lorsqu’on parle de diversité biologique, cela signifie aussi une diversité de pathogènes. Notre pays regorge de nombreux pathogènes, ce qui justifie la création d’une telle institution et le rôle de veille sanitaire et épidémiologique qu’elle pourrait jouer. C’est d’ailleurs l’une des missions qui lui sont dévolues.
Chacun peut apporter quelque chose pour essayer d’améliorer certaines difficultés au sein de notre système. Nous lançons donc un appel aux partenaires techniques et financiers afin qu’ils contribuent à améliorer la prise en charge et à favoriser une certaine gratuité des soins pour les victimes de morsures de serpents. Naturellement, c’est à l’État de prendre les devants dans ce sens, mais les personnes de bonne volonté peuvent également contribuer à cette gratuité », a-t-il lancé.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.

