Profitant des vacances parlementaires, Hawa Camara, députée uninominale de Yomou, a sillonné sa circonscription électorale. De Péla à Banié, en passant par Diécké, Bignamou, Bowé et Bheta, l’élue a échangé avec les communautés à la base. Si elle salue des avancées notables dans les secteurs de la santé et de l’éducation, elle dresse néanmoins un constat alarmant sur la situation économique, principalement plombée par l’arrêt de la Société Guinéenne de Palmiers à Huile et d’Hévéa (SOGUIPAH).
Santé et Éducation : des motifs de satisfaction, mais des défis de personnel
La députée a tenu à exprimer sa gratitude envers le chef de l’État pour la réhabilitation et l’équipement de l’hôpital préfectoral de Yomou, le dotant d’appareils de dernière génération.
« Quand tu vas aujourd’hui à l’hôpital préfectoral de Yomou, c’est équipé, c’est propre, vraiment ça travaille. […] Au lieu de prendre chaque fois des malades et les évacuer vers d’autres hôpitaux, si le personnel qui est là a des équipements qui peuvent lui permettre de s’occuper de la population à la base, je pense que c’est un atout », a-t-elle souligné.

Toutefois, elle a soulevé un problème majeur : la précarité du personnel. L’hôpital fonctionne en grande partie grâce à des stagiaires, tandis que des médecins titulaires affectés dans la zone depuis trois ans ne s’y sont jamais présentés. Elle plaide pour un recrutement officiel de ces stagiaires dévoués.
Dans le secteur éducatif, Yomou s’est illustrée lors des derniers examens nationaux (plaçant 4 lauréats parmi les 10 premiers de la région). Cependant, l’élue rappelle que ces résultats reposent lourdement sur les enseignants contractuels communautaires, dont la charge financière pèse sur les parents d’élèves. Elle appelle le gouvernement à intégrer ces enseignants à la Fonction publique pour éviter des grèves paralysantes.
Tissu social fragile et judiciarisation excessive
Sur le plan social, la députée a déploré une tendance inquiétante à la judiciarisation des moindres conflits communautaires.

« Le constat que j’ai fait […] est que la plupart de nos problèmes sont transmis directement soit à la gendarmerie, soit à la justice. Des petits problèmes qui ne valent rien », a-t-elle estimé.
Pour préserver la cohésion sociale, elle exhorte les citoyens à privilégier les règlements à l’amiable et l’implication des élus locaux.
L’urgence économique : la SOGUIPAH à l’arrêt
Le point le plus critique de cette tournée reste la situation économique de Yomou, une préfecture dépourvue de ressources minières et dont la survie dépend quasi exclusivement de l’agriculture et de la SOGUIPAH (basée à Diécké).
L’arrêt des activités de cette usine agro-industrielle a plongé les planteurs locaux dans le désarroi, comme l’a martelé la députée.
« Si cette préfecture, qui se nourrit à partir de l’agriculture, est aujourd’hui freinée par l’arrêt de la seule société qui s’y trouve, ça rend les choses très difficiles. La société ne bouge pas, l’hévéa ne s’achète pas. […] Et pire, les acheteurs qui venaient de l’extérieur pour aider les planteurs locaux à évacuer leurs produits sont aujourd’hui freinés par la société », a-t-elle interpellé.

Face à ce péril économique, aggravé par la dégradation poussée des routes (notamment l’axe Péla-Diécké), l’honorable Hawa Camara lance un appel pressant au gouvernement.
« Il faut que l’État prenne ses dispositions par rapport au démarrage des activités de la société SOGUIPAH », a-t-elle lancé.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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