Réunis en conférence de presse ce jeudi 8 octobre 2026 à Conakry, les membres de l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI) ont reçu le soutien ferme des organisations de défense des droits des consommateurs.
Présent aux côtés des industriels, M’Bany Sidibé, président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée (UDCG), s’est réjoui de la décision des autorités accordant un moratoire de six mois sur l’interdiction des emballages plastiques, tout en traçant une feuille de route stricte pour réguler le secteur.
Un soulagement face à la menace de la vie chère
Dans une intervention poignante, le leader des consommateurs a salué l’arbitrage du chef de l’État qui évite une explosion du coût de la vie pour les ménages guinéens.
« Nous remercions sincèrement le Président de la République qui a eu la maturité de tenir compte de la souffrance des consommateurs. Vous savez que l’eau minérale a une grande composante dans notre pays. Imaginez-vous aujourd’hui quelqu’un qui payait un café à 3 000 francs et se retrouvait à 6 000 francs ou à 7 000 francs… La finalité de tout ça, c’était la vie chère et cela allait dégrader considérablement les conditions de vie des consommateurs », a souligné N’Bany Sidibé.
Bien que (UDCG), et ses partenaires aient sollicité une période de grâce d’un an auprès de la Primature, le moratoire de six mois est accueilli comme un premier pas décisif pour éviter une pénurie ou un choc tarifaire.
Prix et qualité : Tolérance zéro contre la spéculation
N’Bany Sidibé a lancé un appel ferme aux industriels et distributeurs d’eau minérale : ce répit ne doit en aucun cas servir de prétexte à des abus commerciaux ou à un relâchement des normes sanitaires.
« Notre vision claire aujourd’hui, c’est d’appeler tous les acteurs des eaux minérales de ne pas faire de la spéculation ni de l’augmentation des prix. Parce que cette crise ne doit pas être une occasion pour augmenter les prix. Donc les sachets d’eau restent jusqu’à présent au prix unitaire de 500 francs. Également, la quantité et la qualité doivent être respectées », a-t-il lancé.
Il a insisté sur la responsabilité de l’UPEMGUI dans le contrôle strict de ses adhérents.
« C’est l’occasion pour nous d’appeler les entreprises d’eaux minérales de tenir compte de la sécurité sanitaire des consommateurs, d’aller sensibiliser leurs membres sur l’hygiène et la qualité des eaux vendues… Il ne faut pas que l’Union laisse échapper certaines instances pour vendre de l’eau qui ne serait pas de bonne qualité » a-t-il insisté.
Cap sur la salubrité : transformer les déchets en ressources
Pour prouver que la salubrité publique et la disponibilité de l’eau potable peuvent aller de pair, l’Association des Consommateurs et l’UPEMGUI préparent un plan d’action conjoint d’assainissement.
« Si c’est à cause de la salubrité que vous voulez priver les consommateurs d’eau minérale, on peut trouver une solution durable qui va être mise en place dans un document référentiel que nous allons déposer ensemble. Dans les jours à venir, vous allez voir que les plastiques ne vont plus envahir les mers. Nous allons travailler sur le type de moyen à prélever pour que les PME dans les quartiers puissent ramasser et que ces déchets plastiques deviennent de l’argent », a souligné son leader.
Vers une transition écologique encadrée
Défenseur d’une « transition écologique progressive », le président de l’UDCG,
a rappelé que l’alternative biodégradable exige des normes industrielles claires et harmonisées au niveau national.
« Même les plastiques biodégradables dont il est question, il faut qu’on nous dise à partir de quand. L’État doit élaborer aujourd’hui sa norme nationale sur les emballages biodégradables, parce qu’on ne va pas laisser le soin à n’importe quel industriel de fabriquer », a-t-il sollicité.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

