Le Commissariat central de police de Siguiri annonce avoir démantelé un présumé réseau impliqué dans plusieurs attaques à main armée enregistrées ces derniers mois dans la préfecture de Siguiri et dans certaines localités environnantes. Une arme de guerre de type AK-47, un chargeur et onze munitions auraient notamment été saisis au cours de l’opération.

Selon un communiqué du Commissariat central, les mois de juillet, août et septembre 2026 ont été marqués par une recrudescence de la criminalité dans la région, avec plusieurs attaques ayant fait des victimes et occasionné le vol d’importantes sommes d’argent, d’or et de motos.
Les investigations auraient été menées avec l’appui de plusieurs unités de la Police nationale, notamment le Commissariat central de Siguiri, la BAC 21, la BSIB et la CMS 15.

Elhadj Mamoudou Magassouba raconte son agression
Parmi les victimes présumées figure Elhadj Mamoudou Magassouba, attaqué à son domicile au quartier Victoria. Revenant sur les faits, il explique qu’il se trouvait chez lui après la prière du crépuscule lorsqu’il aurait été surpris par trois individus armés.

« J’étais assis chez moi dans le quartier Victoria après la prière du crépuscule. J’ai été attaqué par trois de ces bandits qui m’ont pointé une arme en me demandant de faire sortir l’argent », raconte-t-il.
Selon son témoignage, les assaillants auraient ensuite fouillé son domicile avant de découvrir un sac contenant une importante somme d’argent.
« Je leur ai répondu que je n’avais pas d’argent ici. Ils m’ont dit de choisir entre mon argent et ma vie. Après, ils ont commencé à fouiller la maison. Lorsqu’ils ont renversé mon matelas, ils ont trouvé mon sac qui contenait 170 millions de francs guinéens », affirme la victime.

Il ajoute que les assaillants auraient également emporté sa moto Haojue ainsi que plusieurs téléphones. Après leur départ, M. Magassouba dit avoir saisi les services de police.
« Quand ils sont partis, je suis allé déclarer les faits à la police. Aujourd’hui, ces bandits ont déclaré qu’ils avaient mené une attaque chez moi. Je félicite les autorités d’avoir mis la main sur ces individus », a-t-il ajouté.
Badjigui Kouyaté, présenté comme un responsable présumé
Au terme des investigations, les enquêteurs disent avoir interpellé Badjigui Kouyaté, alias « Sa, le Serpent », présenté comme l’un des principaux responsables présumés du groupe.

La police lui attribue notamment une série d’attaques commises entre août et septembre, dont celle du 26 août au quartier Victoria, au domicile d’Elhadj Mamoudou Magassouba, ainsi que des attaques à Boukaria, Kèda et Kokoron. Selon le communiqué, plusieurs autres personnes sont également citées dans le dossier, parmi lesquelles Kassim Traoré, alias Elpa, Laye Moukhtar Camara, alias Soula, Kissi Koïta, Cedou Diallo, Ibrahima Kouyaté, alias Ibé, Souleymane Koulibaly, Magandjan Kamara, alias Pelé, ainsi que d’autres individus.
Certaines personnes seraient en fuite, tandis que d’autres se trouveraient déjà détenues à la maison d’arrêt de Siguiri.
« Nous étions sept hommes et une femme », affirme un suspect
Lors de son intervention, Badjigui Kouyaté, présenté comme l’un des présumés membres du groupe, aurait livré aux enquêteurs des détails sur le mode opératoire de certaines attaques.
Dans une déclaration rapportée dans le cadre de l’enquête, il affirme notamment avoir été contacté par son ami Kassim Traoré, alias Elpa, au sujet d’une opération visant un homme et son patron.

« Un jour, mon ami Kassim Traoré dit Elpa m’a appelé pour me dire qu’un de ses amis voulait qu’on attaque lui et son patron. Il nous a indiqué le jeudi et le moment où ils allaient faire leur compte-rendu », a-t-il déclaré.
Selon son récit, le groupe se serait rendu sur place avec des armes avant d’attendre l’appel de leur contact.
« Arrivés à l’entrée du village, il nous a dit d’attendre son appel. Après leur compte-rendu, il devait nous appeler. À 22 heures, il nous a appelés pour nous dire de faire l’attaque », poursuit-il.
Le suspect affirme qu’au cours de cette opération, le groupe aurait emporté 12 millions de francs guinéens et 50 grammes d’or. Il reconnaît également, selon cette déclaration, la participation du groupe à d’autres attaques, notamment à Boukaria et au quartier Victoria de Siguiri.
« Nous étions au nombre de sept hommes et une femme », a-t-il affirmé.
Ces déclarations constituent toutefois des éléments recueillis dans le cadre de l’enquête et devront être confrontées aux autres éléments du dossier devant les autorités judiciaires.

Une arme AK-47 et onze munitions saisies
Au cours des opérations, les enquêteurs déclarent avoir récupéré une arme de type AK-47, accompagnée d’un chargeur et de onze munitions.
La police affirme également que les auditions des personnes interpellées ont permis d’obtenir des informations sur les rôles présumés de plusieurs individus dans différentes attaques : repérage, mobilisation, transport, récupération de l’arme ou encore réception de biens qui seraient issus des braquages.

Le Commissariat central de Siguiri indique que les personnes concernées doivent être déférées au parquet du Tribunal de première instance de Siguiri. Elles sont notamment soupçonnées, selon la police, d’association de malfaiteurs, vols à main armée, coups et blessures volontaires et détention illicite d’armes de guerre.
L’affaire est désormais entre les mains de la justice. Il appartiendra aux autorités judiciaires d’examiner les éléments de preuve et d’établir, pour chaque personne mise en cause, les responsabilités qui pourraient lui être imputées.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
