À Kindia, l’interdiction de l’utilisation des sachets plastiques notamment d’eau, continue de susciter des réactions. Si la mesure est accueillie comme une réponse aux problèmes liés à l’insalubrité et aux déchets plastiques, elle inquiète toutefois vendeurs et consommateurs. Ces derniers dénoncent notamment le coût élevé de l’eau en bouteille et appellent à la mise en place d’alternatives accessibles.

Dans les marchés comme dans les restaurants, notamment ceux spécialisés dans la vente de riz, la question de l’accès à l’eau reste au cœur des préoccupations. Des commerçantes affirment respecter la mesure, mais demandent aux autorités de tenir compte de leurs réalités quotidiennes. Elles souhaitent notamment voir davantage de bouteilles d’eau disponibles à des prix abordables, autour de 500 ou 1 000 francs guinéens.
Selon Dianatou Diallo, vendeuse de riz, cette mesure salutaire. Cependant, l’État doit trouver des solutions adaptées à la conjonction économique des citoyens.

« Le gouvernement a interdit les plastiques jetables. Vraiment, nous souffrons énormément parce que nous sommes des mères de famille. Nous voulons que le Général Mamadi Doumbouya nous aide à faire venir de l’eau en bouteille qui coûte 1 000 francs guinéens pour éviter la souffrance des populations, surtout à l’approche de l’ouverture des classes », a-t-elle expliqué.
De son côté, Aboubacar Yansané, rencontré dans un restaurant de la ville, déplore surtout la hausse du prix de l’eau en bouteille. Il appelle les autorités à proposer une alternative plus abordable et accessible à tous.

« Depuis cette interdiction, nous souffrons énormément. Tu es là, tu n’as que 5 000 francs et le plat de riz coûte 5 000 francs. Après avoir mangé, tu veux boire. Avant l’interdiction, on pouvait nous donner gratuitement de l’eau parce que ce n’était pas cher. Aujourd’hui, une bouteille d’eau coûte 3 000 ou 6 000 francs. Si tu n’as que 5 000 francs, tu préfères rentrer à la maison pour boire. C’est pourquoi je demande à l’État de nous aider en faisant sortir une bouteille d’eau à 500 francs. Actuellement, 500 francs n’ont presque plus de valeur, puisqu’il n’y a pas d’eau à ce prix », a-t-il rappelé.
Si l’interdiction des sachets pour le transport et l’emballage est globalement acceptée, celle concernant l’eau, les jus et autres produits liquides suscite davantage d’inquiétudes chez les commerçants. Au centre-ville de Kindia, Adama Hawa, vendeuse ambulante d’eau et de jus, témoigne des difficultés rencontrées depuis l’application de la mesure.

« Nous ne vendons plus les sachets d’eau maintenant. On nous envoie des bidons d’eau et cela nous crée des difficultés. Nous vendons ces bouteilles d’eau, mais les gens n’achètent pas, ils disent que c’est cher. C’est pourquoi nous demandons aux autorités de nous aider à trouver une solution pour l’accès à l’eau à un prix abordable pour le bien des citoyens », a-t-elle souligné.

Entre respect de la mesure et difficultés d’accès à une eau abordable, les consommateurs et les vendeurs de Kindia espèrent désormais des solutions concrètes permettant de concilier protection de l’environnement et besoins de la population.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.

