À l’occasion des vacances parlementaires, les élus de la région de N’Zérékoré sont retournés à la rencontre de leurs mandants. Au terme d’une tournée exhaustive couvrant les dix sous-préfectures de la circonscription, l’honorable Gbato Mamy dresse un bilan particulièrement alarmant. Enclavement, vétusté des écoles, désert médical et failles sécuritaires : le député tire la sonnette d’alarme sur les conditions de vie précaires des populations à la base.
Éducation : Des infrastructures obsolètes ou inexistantes
Le premier constat glaçant du député concerne le système éducatif local. L’immersion dans les zones rurales a révélé des disparités choquantes. Selon l’honorable Gbato Mamy, certaines localités n’ont jamais bénéficié de la construction d’une école depuis l’indépendance du pays.
Les enfants de ces contrées sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres à pied chaque jour pour avoir accès à l’instruction. Pire encore, les rares infrastructures existantes sont dans un état de délabrement avancé, certaines écoles construites en 1953 n’ayant jamais connu la moindre rénovation.
Infrastructures routières : L’enclavement, frein au développement et à la sécurité
L’état des routes constitue l’autre point noir de ce rapport de mission. Le député plaide notamment pour le reprofilage, voire le bitumage, de l’axe reliant Gouécké à Koropara. Une telle infrastructure permettrait non seulement aux voyageurs venant de Beyla d’esquiver le centre-ville de N’Zérékoré pour rejoindre Conakry, mais faciliterait surtout l’écoulement des produits agricoles vers les marchés urbains.
La situation de l’axe N’Zérékoré – Diécké est encore plus critique. Complètement abandonnée et impraticable, cette route représente un danger tant sanitaire que sécuritaire.
« En passant par Bounouma, nous avons vu que l’axe N’Zérékoré – Diécké est totalement abandonné parce que cette route est vraiment impraticable. […] Sur le plan sécuritaire, si cette route n’est pas faite, ce n’est pas bon pour la ville de N’Zérékoré, ce n’est pas bon pour la ville de Diécké ainsi que pour tout le pays. Parce qu’un contingent militaire ne peut pas quitter facilement N’Zérékoré pour rejoindre Diécké ou encore, en cas d’évacuation sanitaire, on ne peut pas prendre rapidement quelqu’un à Diécké pour l’envoyer à N’Zérékoré », a-t-il dressé.
Sécurité et Santé : Un dénuement total
L’abandon infrastructurel s’accompagne d’un vide institutionnel dans les secteurs de la santé et de la sécurité. Le député a recensé de nombreuses localités dépourvues de centres de santé.
Sur le plan sécuritaire, la situation frôle l’absurde : la délégation parlementaire a découvert des sous-préfectures comptant près de 35 000 habitants où la sécurité publique n’est assurée que par un seul et unique gendarme.
Vers une interpellation nationale
Face à l’urgence de la situation, l’honorable Gbato Mamy a assuré que le calvaire vécu par les citoyens de ces 10 sous-préfectures ne restera pas sous silence. Toutes ces doléances et observations de terrain ont été minutieusement compilées dans un rapport détaillé qui sera transmis et défendu devant l’Assemblée nationale afin d’interpeller l’exécutif.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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