La traque contre la chicha s’intensifie dans la région forestière. Face à la prolifération de sa consommation, souvent due à l’ignorance de la loi par de nombreux citoyens, le Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré a décidé de frapper fort. Ce mercredi 23 septembre 2026, le procureur de la République par intérim, Moussa Camara, a publié un communiqué ferme ordonnant aux Officiers de Police Judiciaire (OPJ) de multiplier les descentes dans les établissements publics pour appliquer l’arrêté interministériel de 2021 interdisant ce produit.
Un rappel à la loi face à un défi de santé publique
Le parquet de N’Zérékoré ne compte plus fermer les yeux. S’adressant particulièrement à la jeunesse et aux tenanciers de lieux de loisirs (bars, maquis, boîtes de nuit, hôtels, lounges), Moussa Camara a rappelé les dispositions strictes de l’arrêté conjoint du 5 janvier 2021.
Ce texte interdit formellement, sur toute l’étendue du territoire national guinéen, l’importation, la distribution et la commercialisation de la chicha. Le procureur a exhorté les propriétaires d’établissements recevant du public à se conformer immédiatement à la loi.

« Les propriétaires, gérants et exploitants des établissements recevant le public sont invités à cesser immédiatement toute activité liée à la vente, à la distribution ou à la commercialisation de la chicha, et à retirer les produits concernés de leurs établissements », a-t-il annoncé.
Il en a profité pour lancer un appel à la responsabilité des parents et des leaders communautaires afin d’accompagner cette mesure préventive pour la santé de la jeunesse.
Saisies et fermetures : les OPJ instruits à agir
Pour passer de la théorie à la pratique, le procureur a donné des directives claires et fermes aux OPJ de sa juridiction. Des opérations de contrôle inopinées vont être déclenchées sans distinction dans tous les lieux susceptibles de vendre ou de distribuer de la chicha.
Les contrevenants s’exposent désormais à de lourdes sanctions dont entre autres la saisie immédiate des produits concernés, la ermeture des locaux (bars, espaces de consommation et de vente), l’uverture de procédures judiciaires contre les gérants et les distributeurs.
« Les officiers de police judiciaire (OPJ) sont instruits d’organiser des contrôles […] de constater toute violation de l’arrêté conjoint de 2021, d’établir des procès-verbaux réguliers […] et de transmettre immédiatement au parquet les procès-verbaux et objets saisis pour les suites judiciaires », a martelé le magistrat.
Fermeté oui, mais dans le respect des droits
Conscient des risques de dérapages lors de ces descentes policières, le procureur Moussa Camara a tenu à encadrer strictement ces interventions. Il a mis en garde les forces de l’ordre contre toute forme d’abus.
« Aucun service ni aucune unité d’intervention n’est autorisé à procéder à des arrestations arbitraires, à des violences, à des voies de fait ou des violations des garanties procédurales. […] Les opérations de contrôle doivent être exécutées dans le strict respect des lois de la République, avec professionnalisme et impartialité », a-t-il averti.
Tout manquement de la part des agents engagera directement leur responsabilité pénale et disciplinaire. En retour, le parquet demande à la population, notamment aux jeunes, de coopérer pacifiquement lors des contrôles afin d’éviter tout trouble à l’ordre public.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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