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Procès Seydouba Soumah : un an de prison requis, le verdict attendu le 30 septembre

23 septembre 2026
Procès Seydouba Soumah : un an de prison requis, le verdict attendu le 30 septembre

La phase des plaidoiries et réquisitions dans le procès de Seydouba Soumah et Ibrahima Camara, poursuivis pour « tentative de troubles à l’ordre public », a pris fin ce mercredi 23 septembre 2026 au Tribunal de première instance de Kaloum.

Au terme de son réquisitoire, le ministère public a demandé la condamnation de Seydouba Soumah à un an d’emprisonnement et la relaxe d’Ibrahima Camara, estimant que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas constitués. Le délibéré est fixé au mercredi 30 septembre 2026.

Ibrahima Camara absent à l’audience

À l’ouverture de l’audience, Ibrahima Camara, également poursuivi dans cette affaire, n’était pas présent dans la salle.

Prenant la parole, le procureur Issouf Fofana a d’abord souligné l’importante attention médiatique suscitée par le dossier, notamment sur les réseaux sociaux.

« La décision est très attendue parce que la toile a récupéré l’affaire. La presse nationale et internationale en parle », a-t-il déclaré, faisant également référence à des commentaires évoquant une possible « politisation de l’affaire ».

Le procureur a rejeté cette lecture, affirmant que le dossier relevait, selon lui, de la sécurité et de la quiétude sociales.

« Ça n’a rien de politique. C’est un fait de société. C’est une question de sécurité nationale, de quiétude sociale », a-t-il soutenu.

Le procureur revient sur les propos tenus dans un taxi

Dans son réquisitoire, Issouf Fofana est revenu sur les circonstances de l’arrestation de Seydouba Soumah.

Selon le récit présenté par le ministère public, les faits auraient débuté au cours d’un trajet en taxi entre Coyah et Conakry. Le chauffeur aurait rapporté avoir reçu d’une connaissance au Bataillon des troupes aéroportées (BATA) une information faisant état d’une possible guerre civile en Guinée entre octobre et novembre, accompagnée d’un « bain de sang ».

« Le chauffeur de taxi a dit qu’il a un grand au Bataillon des troupes aéroportées (BATA), qui lui a dit qu’entre les mois d’octobre et novembre, il y aurait une guerre civile en Guinée, un bain de sang. Donc, de faire des provisions », a expliqué le procureur.

Toujours selon le ministère public, Seydouba Soumah aurait déclaré avoir reçu une information similaire et expliqué qu’il cherchait 20 millions de francs guinéens afin d’envoyer sa mère en Côte d’Ivoire, ainsi qu’un sac de riz.

Une passagère aurait alors demandé aux occupants de dire « Astaghfiroullah ». L’officier qui se trouvait dans le véhicule aurait, selon le procureur, considéré que les propos pouvaient concerner l’ensemble de la population guinéenne.

L’information aurait ensuite été transmise jusqu’à l’arrestation de Seydouba Soumah. Le chauffeur du taxi aurait, quant à lui, pris la fuite au moment de l’interpellation, selon le récit du parquet.

Le parquet évoque une possible « planification »

Pour le ministère public, plusieurs éléments permettent de retenir l’existence d’une tentative de troubles à l’ordre public.

Le procureur s’est notamment interrogé sur la concordance entre les informations rapportées par les deux personnes présentes dans le taxi et la période évoquée.

« La date est déjà connue. C’est-à-dire qu’il y a une planification, parce qu’ils ont dit entre octobre et novembre », a-t-il déclaré.

Issouf Fofana a également estimé que la volonté de Seydouba Soumah de rechercher des provisions démontrerait qu’il aurait accordé du crédit à cette information.

« Monsieur Soumah se prépare à faire des provisions parce qu’il est convaincu que l’ordre public sera troublé », a-t-il soutenu.

Le procureur a par ailleurs évoqué les conséquences qu’une éventuelle crise pourrait avoir sur les familles et les proches des Guinéens.

Liberté d’expression : le procureur rappelle certaines limites

Au cours de son intervention, le représentant du ministère public a également abordé la question de la liberté d’expression.

« Les gens confondent libertinage et liberté d’expression. On n’est pas libre de tout dire. On n’est pas libre de s’attaquer à la dignité des gens », a-t-il déclaré.

Il a également soutenu que certaines questions de société pouvaient prendre une dimension politique en Guinée, tout en affirmant que Seydouba Soumah ne serait pas, selon lui, un militant politique.

Un an de prison requis contre Soumah, relaxe demandée pour Camara

Au terme de son réquisitoire, le procureur Issouf Fofana a demandé au tribunal de renvoyer Ibrahima Camara des fins de la poursuite, estimant que le délit n’était pas constitué à son encontre.

En revanche, le ministère public a requis la condamnation de Seydouba Soumah à un an d’emprisonnement pour « tentative de troubles à l’ordre public ».

Invité à prendre une dernière fois la parole pour sa défense, Seydouba Soumah a contesté les éléments présentés contre lui et demandé la clémence du tribunal.

« Monsieur le Président, je n’ai pas pour comportement tout ce que le procureur vient de dire. J’ai quitté Coyah pour aller voir ma fiancée. Mais l’humain ne peut pas fuir tout ce que Dieu prévoit pour lui. Je plaide pour qu’on me pardonne », a-t-il déclaré.

Après les réquisitions et les dernières déclarations du prévenu, le juge Mamadou Saliou Diallo a renvoyé l’affaire au 30 septembre 2026, date prévue pour le prononcé de la décision.

Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.

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