La nuit du lundi 21 septembre 2026 restera gravée dans la mémoire des habitants du quartier Farakô. Des pluies torrentielles ont provoqué la crue spectaculaire du fleuve Gbangban, submergeant le secteur 1 situé le long des bas-fonds. Si l’intervention héroïque de la protection civile et de la jeunesse locale a permis d’éviter des pertes en vies humaines, le bilan matériel est catastrophique : des dizaines de maisons détruites ou endommagées et des centaines de citoyens laissés sans abri.



Un sauvetage périlleux au cœur de la nuit
Le déluge, qui a duré plusieurs heures, a rapidement transformé le secteur 1 en un piège d’eau, isolant de nombreuses familles, dont des personnes âgées et des enfants. Il a fallu une mobilisation immédiate pour éviter le pire.
Le commandant Soumah Mohamed Lamine, responsable de l’unité de la protection civile de Kissidougou, est revenu sur cette opération de sauvetage complexe, menée conjointement avec le commissariat central et les jeunes du quartier.

« C’est aux environs de 22 heures que nous avons été informés par un citoyen que des vies étaient en danger. […] Sur le terrain, ça n’a pas été facile, mais avec le courage de mes hommes et le renfort des jeunes du quartier, ils ont installé des cordes à travers les piliers des bâtiments et les tiges des arbres pour atteindre les habitants coincés. Dieu merci, tout s’est bien passé car nous avons réussi à mettre tout ce beau monde à l’abri et il n’y a eu ni blessé grave ni perte en vie humaine », a-t-il expliqué.
Le commandant a toutefois alerté sur la vulnérabilité de la ville, entourée de marigots, et a plaidé pour l’obtention d’équipements de protection spécifiques aux inondations.
Le désespoir des familles tout ayant perdu
Au lever du jour, le retrait des eaux a laissé place à un paysage de désolation. Bâtiments affaissés, meubles détruits, boue omniprésente : les sinistrés constatent amèrement l’ampleur du désastre.
Aboubacar Camara, dit « Prési », un père de famille dont la maison s’est écroulée, témoigne de sa détresse.

« On remercie le bon Dieu parce que les gens sont sortis indemnes, mais sur le plan matériel, on a tout perdu. […] Les autres objets tels que les appareillages, tout est gâté. Nous sommes en train de transporter le reste de nos objets chez nos voisins car on n’a pas là où s’abriter. Je sollicite l’aide des autorités locales, du gouvernement, des ONG. Nous sommes pratiquement à terre et on doit recommencer à zéro », a-t-il déclaré.
Le même sentiment d’impuissance habite Kadi Keita, une autre victime dont les effets personnels sont ensevelis sous les décombres.

« Notre bâtiment s’est effondré et nous n’avons rien récupéré. Nous avons passé toute la nuit à pleurer. […] Aujourd’hui, nous n’avons rien. Je lance un appel aux autorités de nous aider à trouver des endroits pour nous abriter car on craint encore d’autres pluies », a-t-elle indiqué.
Élan de solidarité et attente des secours
En attendant le déploiement de l’Agence Nationale de Gestion des Urgences et Catastrophes Humanitaires (ANGUCH) et des autorités étatiques, une chaîne de solidarité citoyenne s’est naturellement mise en place. Les riverains épargnés par la montée des eaux ont ouvert leurs portes pour héberger temporairement les familles démunies.

La réponse humanitaire du gouvernement est désormais vivement attendue pour soulager ces populations qui ont tout perdu en l’espace de quelques heures.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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