À Boké, plusieurs axes de la ville sont confrontés à un déficit d’éclairage public. Le long de la route nationale, de nombreux lampadaires solaires installés pour améliorer la visibilité et renforcer la sécurité des usagers ne fonctionnent pratiquement plus. Une situation qui suscite l’inquiétude des conducteurs de taxi-motos et des riverains.
À la tombée de la nuit, plusieurs portions de la route nationale à Boké se retrouvent plongées dans l’obscurité. Les lampadaires solaires, autrefois destinés à éclairer les principaux axes de la ville, restent pour la plupart éteints, laissant automobilistes, conducteurs de taxi-motos et piétons circuler avec une visibilité réduite.

De la zone de la douane au camp, en passant par la 110e rue, les 400 Bâtiments, Lanbandji et Yomboya, plusieurs usagers déplorent cette situation. Ils estiment que l’absence d’éclairage complique les déplacements nocturnes et augmente les risques d’accidents et d’agressions.

« Nous travaillons dans la peur ici à la tombée de la nuit. Entre la douane et le camp, c’est l’obscurité totale. Entre la 110e et les 400 Bâtiments aussi, ce sont des endroits qui font peur la nuit », témoigne Daouda Diallo, conducteur de moto-taxi, rencontré en pleine nuit à la 110e rue.
Selon lui, le problème concerne également d’autres secteurs de la ville. « La route entre Lanbandji, Yomboya et les 400 Bâtiments, c’est la même chose. Même en face de l’hôpital régional, tous les panneaux solaires installés sont éteints. Parfois, les bandits attaquent les gens en pleine ville à cause de l’obscurité », déplore-t-il.
Pour certains conducteurs de taxi-motos, l’absence d’éclairage les pousse même à éviter certaines zones à des heures avancées de la nuit. Daouda Diallo affirme que plusieurs conducteurs hésitent désormais à desservir certains quartiers.
« Si vous demandez à un conducteur d’aller à Lanbandji à 00 heure, il ne va pas accepter. Parce que même si vous êtes attaqué là-bas, personne n’osera venir vous sauver à cause de l’obscurité », explique-t-il.
Il évoque également une récente agression dont aurait été victime l’un de ses collègues. « Récemment, l’un de nos jeunes a été attaqué à la Villa. Il s’est battu contre deux personnes, mais personne n’est venu à son secours parce que l’endroit était dans l’obscurité », rapporte le conducteur.
Face à cette situation, certains habitants tentent de trouver des solutions à l’échelle de leurs quartiers. Abdoulaye Camara, dit Bolobakiya, explique que des citoyens se cotisent parfois pour installer des dispositifs d’éclairage.

« Dans certains quartiers, les habitants cotisent pour installer de grandes ampoules. D’autres le font avec l’aide de leurs ressortissants. Par contre, certains citoyens souffrent beaucoup lorsque la nuit tombe », souligne-t-il.
Ces initiatives locales permettent, dans certains endroits, de réduire l’impact du manque d’éclairage public. Mais elles restent limitées face à l’étendue du problème.
Les citoyens demandent désormais une intervention des autorités afin de rétablir le fonctionnement des lampadaires solaires installés le long des principaux axes de la ville.
Ils interpellent notamment les chefs de secteur, les responsables de quartiers et la nouvelle équipe communale de Boké.
« Nous demandons de l’aide, des chefs de secteur jusqu’au nouveau maire de Boké. Nous voulons vraiment une solution », lance Abdoulaye Camara.
En attendant une éventuelle intervention, plusieurs axes de Boké restent plongés dans l’obscurité chaque nuit. Pour les usagers, le rétablissement de l’éclairage public apparaît désormais comme une nécessité pour améliorer la circulation et renforcer le sentiment de sécurité dans la ville.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

