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Casse de Dixinn : la vente de pièces détachées, une activité au cœur de l’économie locale

26 août 2026

À la casse de Dixinn, la vente de pièces détachées constitue une importante source de revenus pour de nombreux pères et chefs de famille. Malgré les préjugés qui entourent parfois cette activité, les commerçants défendent un métier qu’ils considèrent comme essentiel à l’entretien du parc automobile et à la création d’emplois.

Installés depuis plusieurs années sur le site, ces vendeurs ont fait du commerce de pièces détachées leur principale activité. Au quotidien, ils proposent une large gamme de pièces automobiles à une clientèle composée notamment de propriétaires de véhicules, de mécaniciens et de revendeurs.

Pour ces acteurs, la casse représente avant tout un moyen de subsistance. L’activité permet à de nombreuses familles de subvenir à leurs besoins quotidiens, tout en répondant à une demande importante en pièces automobiles.

Selon Elhadj Kemo Fofana, secrétaire central adjoint de la CONAJUG, la casse est souvent mal comprise par une partie de l’opinion.

« Beaucoup voient la casse, mais ils ne savent pas ce que c’est réellement. La casse n’est pas ce que les gens croient ou pensent. C’est une activité très importante pour nous, une activité qui nous fait vivre. Ce sont des pères de famille qui viennent chercher leur vie, tout en répondant aux besoins des Guinéens en matière de pièces détachées. Même des étrangers viennent acheter ici, notamment des clients de la Sierra Leone, du Mali et parfois de la Gambie », a-t-il affirmé.

Parmi les commerçants, un sexagénaire affirme exercer ce métier depuis 1986. Présenté comme l’un des pionniers de la casse, il revient sur les débuts de cette activité et évoque le déplacement des premiers vendeurs vers leur site actuel.

Selon son témoignage, la première casse était installée à Dixinn, à l’emplacement de l’actuelle Bluezone, avant d’être transférée à Sonfonia sous la présidence du général Lansana Conté.

« La première casse se trouvait à Dixinn, à la place de l’actuelle Bluezone. C’est là que tout a commencé. On y est restés avant que le président Lansana Conté, paix à son âme, ne prenne un décret nous envoyant à Sonfonia. Aujourd’hui, nous sommes des dizaines de milliers à travailler dans les casses, de Dixinn jusqu’à Sodefa », a-t-il confié.

Au fil des années, le secteur s’est ainsi développé et est devenu une source d’activité pour de nombreux commerçants, mécaniciens et autres travailleurs qui gravitent autour du marché des pièces automobiles.

Si la vente de pièces détachées permet à de nombreux commerçants de gagner leur vie, l’activité reste confrontée à plusieurs difficultés. Parmi elles, les incompréhensions entre vendeurs et clients, notamment lorsqu’une pièce achetée ne correspond pas aux attentes ou lorsqu’elle est retournée plusieurs semaines après son achat.

Lounceny Kaba, président de la jeunesse des syndicalistes de la casse, déplore certaines pratiques qui compliquent le travail des commerçants.

« Il y a des clients qui viennent acheter des pièces et qui les ramènent ensuite pour demander un échange. Il y en a aussi qui prennent des pièces, les gardent pendant deux ou trois mois et reviennent ensuite dire qu’elles ne sont pas bonnes et demander à être remboursés. Ce n’est pas normal. Le pire, c’est lorsque certaines personnes prennent les pièces par incompétence, les endommagent et reviennent ensuite nous les retourner », a-t-il raconté.

Selon lui, certains clients utilisent également les pièces pendant plusieurs jours pour se dépanner avant de chercher à les restituer, une situation qui, dit-il, fatigue les commerçants et complique leur activité.

Malgré ces difficultés, la vente de pièces détachées continue d’attirer de nombreux jeunes à la recherche d’une source de revenus. Pour les acteurs de la casse de Dixinn, leur activité ne devrait donc pas être réduite aux préjugés qui l’entourent.

Ils souhaitent davantage de reconnaissance et un changement de regard sur leur métier, qu’ils présentent comme une véritable activité économique, mais aussi comme une source d’emplois pour la jeunesse.

Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.

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