En cette saison des pluies, relier Labé à Mamou sur la route nationale relève du parcours du combattant. Sur ce tronçon long de 150 kilomètres, les chauffeurs faisant la navette vers Conakry affrontent quotidiennement la boue, les nids-de-poule et des déviations périlleuses.
Face à ce calvaire qui allonge démesurément les temps de trajet, les syndicats et les transporteurs interpellent le gouvernement pour accélérer les travaux de réhabilitation.
Un calvaire de 6 heures pour parcourir 150 kilomètres
À la gare routière de Kouroula (commune urbaine de Labé), le découragement se mêle à la résilience. Les chauffeurs de taxis et de minibus, particulièrement vulnérables face à l’état de la route, décrivent une situation qui empire à chaque précipitation. Les déviations créées pour les travaux en cours se transforment en véritables pièges de boue.
Thierno Souleymane Bah, chauffeur sur la ligne, raconte son quotidien devenu intenable.

« Notre principale difficulté, c’est l’état de la route. Même si les travaux avancent un peu, nous sommes obligés de nous débrouiller. Dans les zones boueuses, il y a de longues files d’attente et nous y restons parfois bloqués pendant longtemps. Sur certaines déviations, ils ont mis des graviers, et avec nos petits véhicules, nous avons du mal à passer.
Plusieurs chauffeurs refusent même de venir à Labé à cause de cela. Aujourd’hui, nous sommes obligés de faire près de six heures entre Labé et Mamou ! Nous demandons à l’État de nous aider à réhabiliter cette route », a-t-il indiqué.
Un constat partagé par son collègue Mamadou Alpha Bah, qui pointe du doigt la cohabitation difficile avec les gros porteurs.

« Après les pluies, lorsque les gros camions passent, nous qui avons de petits véhicules avons beaucoup de difficultés à avancer. Certains chauffeurs sont même obligés d’attendre que la boue sèche avant de pouvoir continuer. Les déviations ne nous arrangent pas du tout », témoigne-t-il.
L’appel à la prudence du syndicat et l’attente des promesses gouvernementales
Face à l’exaspération grandissante de ses pairs, le Secrétariat régional du syndicat des transports et de la mécanique générale (CNTG) de Labé tente de calmer les esprits tout en pressant les autorités d’agir. Le responsable syndical invite les chauffeurs au civisme pour éviter d’aggraver les embouteillages.

« Ce sont surtout les déviations aménagées qui posent problème. Les chauffeurs sont parfois obligés de rester sur place pendant plusieurs heures. Je demande aux autorités de nous aider à améliorer la situation. Aux chauffeurs, je demande de faire preuve de prudence et de responsabilité : il faut éviter de créer des problèmes supplémentaires, rester patients, attendre que la circulation soit rétablie et poursuivre dans le calme », a-t-il lancé.
Cette dégradation avancée intervient paradoxalement alors que l’espoir avait été suscité il y a quelques mois. Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, s’était en effet rendu sur place pour présider la pose de la première pierre des travaux de bitumage de cet axe Labé-Mamou.
Aujourd’hui, les usagers attendent que ces annonces se traduisent par une accélération concrète des chantiers avant que la route ne devienne totalement impraticable.
Depuis Labé, Mamadou Aliou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

