Invité ce lundi 10 août 2026 de l’émission Guineetoday sur Télé24, le président du parti Alliance pour le renouveau et progrès (ARP), Mohamed Nabé, s’est exprimé sans détours sur les ravages causés par les inondations en cette période hivernale.
Entre compassion envers les victimes, diagnostic critique de l’anarchie urbaine et soutien à la fermeté gouvernementale, le leader politique appelle à des réformes structurelles immédiates.
Un bilan humain et matériel tragique
Interrogé sur la récurrence des inondations qui endeuillent des familles et causent d’importants dégâts matériels à chaque saison des pluies, Mohamed Nabé a exprimé sa vive émotion face à un drame devenu trop habituel.
‘’C’est déplorable. C’est toujours un regard très triste. Chaque Guinéen mort est un Guinéen mort de trop. Je pense que ça ne devrait pas arriver’’, a-t-il déploré dès le début de son intervention.
Des responsabilités partagées à tous les niveaux
Alors que le débat ressurgit sur le déficit d’aménagement du territoire et la prolifération des constructions anarchiques dans les bas-fonds, le député à l’assemblée nationale estime que la crise actuelle est le résultat d’une défaillance collective. Pour lui, les torts ne sauraient être attribués à une seule entité.
‘’Les responsabilités sont partagées à tous les niveaux. Il faut reconnaître que l’État a une part de responsabilité dedans, une grande part de responsabilité. Mais nous avons aussi les responsabilités au niveau des élus locaux, nous avons des responsabilités au niveau des citoyens’’, a-t-il analysé.
Face à ce constat, le leader de l’ARP insiste sur la nécessité de s’attaquer aux racines profondes du problème plutôt que d’apporter des réponses superficielles.
‘’Je pense qu’il faut trouver des solutions de façon structurelle à ces problèmes-là. Les problèmes d’abord de vente des terrains, les problèmes d’aménagement, les problèmes d’habitation et les problèmes de structuration même de l’habitat dans notre pays posent un sérieux problème’’, a-t-il affirmé.
L’autorité de l’État : « L’eau va trouver son chemin »
Abordant le rôle des autorités publiques dans la gestion des occupations illégales et des voies d’eau obstruées, Mohamed Nabé appelle à une rigueur inflexible. Selon lui, la gestion d’un État ne tolère ni le laxisme ni le favoritisme.
« On ne peut pas gérer un pays dans les états d’âme, dans le « à peu près ». Il n’y a pas d’état d’âme, il faut que l’État arrête les états d’âme et puis le « deux poids deux mesures » », a-t-il martelé.
Pour étayer son propos, l’homme politique a rappelé une loi physique implacable face à laquelle aucune fonction ni aucun privilège ne peut prévaloir.
‘’Même si vous êtes Président de la République, si votre maison obstrue la voie de l’eau, l’eau va trouver un autre chemin. Et quand ce chemin est trouvé, c’est des dégâts qui sont là-bas’’, a-t-il asséné.
En appelant à une prise de conscience générale et à une application stricte de la loi, Mohamed Nabé remet au centre du débat public l’urgence d’une politique d’urbanisme rigoureuse pour protéger durablement les populations guinéennes contre les aléas climatiques.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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