Au terme de l’année scolaire 2025-2026, la Direction préfectorale de l’éducation (DPE) de N’Zérékoré dresse un diagnostic sans complaisance des maux qui rongent le système éducatif local. Entre le manque de motivation et de qualification d’une partie du personnel enseignant, le désintérêt des parents dans le suivi scolaire et la pratique généralisée de l’école buissonnière par les élèves, les embûches ont été nombreuses.
Dans un entretien accordé à notre rédaction, le Directeur préfectoral de l’éducation, Yozilé Kolomou, revient sur ces défis majeurs tout en saluant un taux de réussite préfectoral approchant les 60 % aux examens nationaux de la session 2026.
Le personnel enseignant en question : entre manque de volonté et de compétences
Pour le premier responsable de l’éducation de la préfecture, l’un des obstacles les plus critiques réside dans la gestion des enseignants. Il déplore la présence dans les effectifs de personnels ayant choisi l’enseignement par dépit plutôt que par vocation.
« Nous gérons un personnel enseignant parmi lequel beaucoup ne s’intéressent pas à leurs activités. Il y a des enseignants difficiles à gérer. C’est un défi qui demande une véritable prise de conscience pour qu’ils sachent que choisir ce métier n’est pas le fruit du hasard. Avant, on disait : n’est pas enseignant qui le veut mais qui le peut ». Mais dans le lot aujourd’hui, vous trouvez des gens qui sont passés partout : n’ayant pas trouvé de quoi vivre ailleurs, ils se sont faits enseignants », a-t-il dressé.
Pour limiter les dégâts sur le niveau des élèves, Yozilé Kolomou explique avoir misé sur un suivi pédagogique de proximité tout au long de l’année.
« Il y en a qui ont la bonne volonté mais n’ont pas les compétences, alors que d’autres ont les compétences mais n’ont pas la volonté. C’est pourquoi, tout au long de l’année, nous les avons suivis à travers des encadrements pédagogiques, des inspections régulières et des actions de sensibilisation au sein des écoles parrainées par les cadres de la DPE. Cela a été l’une de nos priorités », révèle-t-il.
Démission des parents et école buissonnière : un cocktail néfaste
Au-delà du corps enseignant, le Directeur préfectoral pointe du doigt la responsabilité directe des familles et le comportement irresponsable de nombreux apprenants. Il lance un appel pressant au réveil de l’autorité parentale à domicile.
« Tant que nous travaillons mais que les parents d’élèves ne suivent pas leurs enfants par un contrôle régulier, nous n’avancerons pas. Je peux dire que le plus gros défi à relever se situe du côté des parents d’élèves. Il serait indispensable que chaque parent s’implique dans l’accompagnement des enfants de la maison à l’école, et de l’école à la maison.
L’élève lui-même n’a souvent pas conscience que ce qu’il est en train de faire aujourd’hui, c’est pour son propre avenir. Beaucoup font l’école buissonnière : ils portent la tenue le matin, ils quittent la maison en laissant croire aux parents qu’ils partent en classe, mais ils ne vont pas à l’école. Ce genre de comportement affecte négativement les résultats en fin d’année », a-t-il lancé.
Un motif de satisfaction : près de 60 % de réussite aux examens nationaux
Malgré ce contexte précaire et les lourds défis structurels qui ont pesé sur l’organisation des épreuves, la DPE de N’Zérékoré se félicite du bilan global de sa circonscription.
De l’examen d’entrée en 7ème année (CEE) jusqu’au Baccalauréat unique en passant par le BEPC, la préfecture a enregistré un taux de réussite moyen de près de 60 % pour cette session 2026 — une performance jugée encourageante au vu des embûches traversées durant l’année scolaire.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.

