Au cœur d’une saison pluvieuse inhabituellement sèche, la région administrative de Labé fait face à une inquiétante dégradation climatique. Ce mardi 4 août 2026, l’Inspecteur régional de l’environnement et du développement durable est sorti de sa réserve pour alerter sur le grave déficit pluviométrique qui menace les récoltes et l’écosystème du Fouta Djallon. Pour inverser la tendance, le responsable appelle chaque citoyen à s’engager concrètement en plantant au moins dix arbres par an.
Un hivernage marqué par la sécheresse et la poussière
Alors que le mois d’août constitue traditionnellement le pic de la saison des pluies en Guinée, la région de Labé traverse un épisode de sécheresse alarmant. L’Inspecteur régional de l’environnement dresse un constat sans appel sur la réalité du terrain.
« Cette année 2026, nous sommes confrontés à un sérieux déficit pluviométrique dans la région de Labé. Depuis le 26 juillet jusqu’à ce jour, il n’est pratiquement pas tombé de pluie capable de bien humidifier les sols. Le 3 août, en nous rendant à Pilimini, nous avons même été contraints d’espacer les véhicules à cause de l’importante poussière sur la route. C’est une situation inhabituelle à cette période de l’année. Cette situation est une conséquence directe du changement climatique. Les saisons ne suivent plus leur calendrier habituel, les pluies deviennent irrégulières et les températures restent élevées », a-t-il déclaré.
Le responsable rappelle que ce dérèglement n’est pas un phénomène isolé, mais la conséquence globale de l’accumulation des gaz à effet de serre, de la déforestation accélérée et de la dépendance aux combustibles fossiles.
L’agriculture locale gravement menacée
Sur le plan agraire, les conséquences de ce manque d’eau se font déjà sentir de manière critique pour les paysans de la région. Le manque d’humidité dans les sols compromet directement la sécurité alimentaire locale :
Dessèchement des cultures : Les plants de maïs en pleine croissance commencent à jaunir et à se dessécher dans les champs ;
Échec des semis : Les semences germent difficilement faute de précipitations régulières ;
Prolifération des ravageurs : La sécheresse favorise les attaques de termites sur les jeunes plants fragiles.
Selon l’inspection régionale, si cette sécheresse se prolonge, le bilan des récoltes de la campagne agricole 2026 risque d’être catastrophique pour les ménages ruraux.
L’appel à l’action citoyenne : « 10 arbres par an et par citoyen »
Face à l’urgence environnementale, le patron de l’environnement de Labé refuse le fatalisme et invite la population à faire de la reforestation une priorité civique.
« Chacun doit agir à son niveau. Nous demandons à chaque citoyen de planter au moins dix arbres par an. Celui qui dispose d’un domaine peut y planter des arbres. Celui qui n’en a pas peut en planter dans sa cour ou devant sa maison. C’est ensemble que nous pourrons contribuer à réduire les effets du changement climatique », a-t-il exhorté.
Depuis Labé, Mamadou Aliou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

