À chaque saison des pluies, les habitants de Dar-es-Salam vivent avec une angoisse grandissante. Entre les risques d’éboulement de la montagne d’ordures, les eaux de ruissellement chargées de déchets et les menaces sanitaires, les riverains redoutent qu’un nouveau drame ne se produise, près de neuf ans après la catastrophe de 2017.

Les fortes précipitations de ces dernières semaines ravivent les inquiétudes des populations installées aux abords de la décharge de la Minière de Combos. L’odeur nauséabonde, la boue et les infiltrations d’eaux polluées rythment désormais leur quotidien.

« J’ai passé toute ma vie ici. En saison sèche, la fumée nous fatigue. En cette saison des pluies, c’est la boue et les mauvaises odeurs. Lorsqu’il pleut fortement, nous vivons dans la crainte, mais nous n’avons pas d’autre choix », confie M’Balia Camara, une riveraine.
Au-delà des désagréments, les habitants dénoncent les conséquences sanitaires de cette situation. Les eaux de ruissellement provenant de la décharge envahissent régulièrement les concessions, favorisant la prolifération des maladies.

« Pendant cette saison des grandes pluies, nous sommes obligés de porter des bavettes. Les maladies font partie de notre quotidien », témoigne Mohamed Lamine Camara
Face à cette situation, les appels des riverains se multiplient. L’ancien chef du quartier de Dar-es-Salam 2 affirme que les autorités ont été interpellées à plusieurs reprises, sans qu’une solution durable ne soit mise en œuvre.

« Nous sommes fatigués. Nous avons lancé plusieurs appels à l’État. Lors de sa dernière visite, le Premier ministre nous a fait des promesses. Aujourd’hui, nous attendons toujours leur concrétisation », déplore-t-il.
Le souvenir de la catastrophe de 2017 demeure encore vivace dans les esprits. Pour les habitants, les fortes pluies actuelles rappellent la nécessité d’agir rapidement afin de sécuriser la zone, améliorer la gestion des déchets et protéger les populations riveraines.

Alors que la saison des pluies se poursuit, les habitants de Dar-es-Salam espèrent que leurs préoccupations seront enfin entendues, afin d’éviter que la décharge de la Minière de Combos ne soit, une nouvelle fois, le théâtre d’un drame humain.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.

