Une bouffée d’oxygène pour le portefeuille des ménages de Kissidougou. Depuis ce lundi 27 juillet 2026, la décision de réduire le prix du kilogramme de viande est officiellement entrée en vigueur dans tous les points de vente de la commune urbaine.
Selon les informations recoupées par notre correspondant, le prix passe de 65 000 à 50 000 francs guinéens. Cette mesure, très attendue, est le fruit de négociations fructueuses entre les nouvelles autorités communales, la corporation des bouchers et les acteurs nationaux de la filière.
Un consensus durement acquis et des promesses d’amélioration
Loin d’être une mesure coercitive unilatérale, ce nouveau tarif est présenté comme un accord négocié. Hassan Bah, président des interprofessions nationales des filières bétail-viande (et lui-même basé à Kissidougou), a joué un rôle clé dans ce dénouement, qui a nécessité la résolution préalable de crises internes au sein de la corporation locale. Il explique sa démarche et lance un appel à la vigilance citoyenne.

« Avant d’obtenir ce prix, nous avions cherché d’abord à trouver une solution au problème de leadership qui affectait dangereusement l’association des bouchers de Kissidougou. Grâce à nos efforts conjugués avec les autorités, nous sommes parvenus à mettre en place provisoirement un comité de gestion. […] J’insiste là-dessus que rien n’a été imposé aux bouchers. C’est pourquoi je vais inviter les populations à jouer leur rôle de veille et d’alerte : si quelqu’un observe qu’un boucher a revendu le kilo de viande au-delà du prix officiel, de nous informer immédiatement avec les preuves à l’appui », a-t-il déclaré.
Il promet également des changements visibles concernant l’hygiène de l’abattoir préfectoral et la qualité de la viande servie aux citoyens. De leur côté, les autorités communales ont été catégoriques : tout contrevenant à cette nouvelle réglementation s’exposera à la rigueur de la loi.
Abaisser davantage les prix : le défi de la cohabitation agropastorale
Pour Hassan Bah, la barre des 50 000 GNF n’est pas une fin en soi. Il estime qu’une baisse supplémentaire est envisageable, à condition de repenser les conditions de productivité animale et de pacifier les relations locales :
Soutenir les éleveurs : Faciliter leur implantation en leur octroyant des domaines inexploités.
Apaiser les tensions : Sensibiliser les populations locales pour mettre fin aux attitudes belliqueuses envers les éleveurs, rappelant que l’agriculture et l’élevage sont des secteurs complémentaires.
Entre satisfaction immédiate et crainte de l’éphémère
Sur le terrain, les consommateurs constatent avec joie l’effectivité de la mesure. Rencontrée devant une boucherie, Fatoumata Touré témoigne de son agréable surprise.

« D’habitude, on achetait le kilo de viande à 65 000 FG mais aujourd’hui on m’a revendu à 50 000 FG alors que moi je n’étais même pas au courant de la diminution du prix. Je suis très contente », a-t-elle indiqué.
Toutefois, la prudence reste de mise. Échaudés par le passé, de nombreux citoyens rappellent que de telles baisses n’ont souvent duré que quelques jours avant que les prix ne repartent à la hausse. Le véritable défi des nouvelles autorités communales sera donc d’assurer la pérennité de cette dynamique.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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