À l’approche du pic de la saison des pluies, la commune urbaine de Kindia prend les devants pour éviter de nouvelles tragédies. Le vendredi 17 juillet 2026, une vaste mission conjointe réunissant la mairie, l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humaines (ANGUCH), la Protection civile et les services de l’habitat a sillonné les zones à haut risque de la ville, dont le Grand marché et le marché de Sambaya, pour un constat de terrain sans appel.

Un constat alarmant : des lits de cours d’eau asphyxiés
L’objectif premier de cette tournée était d’évaluer la vulnérabilité de la ville face aux fortes précipitations. Sur le terrain, les autorités ont été confrontées à une réalité préoccupante : l’occupation illégale et anarchique des berges, des constructions entravant le passage naturel de l’eau, et des amas de déchets obstruant les canaux d’évacuation.

Le maire de la commune urbaine, Elhadj Aboubacar Molota Camara, a dressé un bilan sans concession de la situation.

« Chaque hivernage, nous enregistrons des inondations qui emportent parfois des vies. Nous avons constaté une occupation anarchique des berges des rivières, des constructions qui rétrécissent le passage de l’eau et des déchets qui obstruent les caniveaux. Tout cela crée une situation très préoccupante », a-t-il affirmé.
La responsabilité citoyenne et la menace de démolitions

Pour l’édile de Kindia, si l’État doit jouer son rôle, les citoyens ont également une grande part de responsabilité dans la survenue de ces catastrophes. Il pointe particulièrement du doigt l’obstruction des cours d’eau comme le Tôkhou et le Wawa.

Afin de sécuriser les populations, le maire promet une application stricte de la loi, quitte à procéder à des démolitions.
« Il est facile de dire que l’État doit tout faire, mais chaque citoyen doit aussi respecter les règles pendant la saison des pluies. […] Nous avons vu des bâtiments déjà marqués depuis plusieurs années pour être détruits. Nous allons faire preuve de rigueur, car notre premier devoir est de sécuriser les citoyens. Sans sécurité, il est impossible de parler de développement ou d’épanouissement », a-t-il déclaré.
L’ANGUCH plaide pour l’application rigoureuse des textes
Invitée par la mairie à participer à cette inspection, la coordination préfectorale de l’ANGUCH a rappelé que la prévention reste l’arme la plus efficace. Fanta Sylla, la coordinatrice, a exhorté l’État et les autorités locales à passer à l’action pour stopper ce cycle infernal.

« Le constat est alarmant : des constructions anarchiques occupent le lit des marigots et aggravent les risques d’inondation. […] Nous demandons aux autorités locales et au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires afin que les lois soient respectées. Si rien n’est fait, les inondations continueront de se répéter chaque année avec leurs conséquences dramatiques », a-t-elle alerté.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
