Ce vendredi 17 juillet 2026, l’histoire de la Guinée a franchi un cap décisif. La salle des congrès du Palais du Peuple, parée de ses plus beaux atours et vibrant d’une ferveur solennelle, a abrité la rentrée officielle de la toute première législature de la 5ème République. Au cœur de cet événement historique, Dr. Dansa Kourouma a été plébiscité par ses pairs pour présider la 10ème législature du pays. Un mandat placé sous le signe de la refondation, de l’efficacité et du renouveau institutionnel
Dans un hémicycle plein à craquer, qui a dû « repousser du monde » face à l’affluence des grands jours, le nouveau président de l’Assemblée nationale a prononcé un discours d’orientation magistral. Entre ferveur républicaine, hommages appuyés et feuille de route pragmatique, Dr. Dansa Kourouma a tracé les contours d’un parlement résolument moderne, élargi à 147 députés pour refléter fidèlement toute la diversité du tissu social et politique guinéen.
La gratitude envers le Créateur et le peuple
Dès l’entame de son propos, le président élu a tenu à exprimer sa profonde gratitude spirituelle et populaire, plaçant sa légitimité sous le sceau du service national.
‘’Tout d’abord, je remercie sincèrement les honorables députés qui m’ont fait confiance en me choisissant à la tête de la première assemblée nationale de 5ème République. Nous rendons grâce à celui qui a créé la terre et les cieux. Le Créateur. C’est lui qui est digne d’adoration. C’est lui qui nous a choisis. C’est lui qui a mis nos noms dans le cœur, dans les oreilles des 17 millions de Guinéens pour les représenter dans l’honneur et dans la dignité’’, a-t-il souligné.
Un hommage appuyé au Président Mamadi Doumbouya
L’événement a également été l’occasion de saluer la vision du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, décrit comme l’architecte des mutations institutionnelles actuelles de la Guinée.
‘’Honorables députés, nous remercions le Président de la République. Le Président élu de la 5ème République de Guinée, Mamadi Doumbouya. Il y a des hommes qui comptent pour l’histoire. Il y a des hommes qui font compter l’histoire. Le général Mamadi Doumbouya en fait partie. De ces hommes rares. Parce que la Guinée aujourd’hui a une vision. La Guinée a un programme. La Guinée a des institutions nouvelles, refondées, conformément à une Constitution qui nous ressemble et qui nous rassemble, grâce au leadership du Président de la République’’, a-t-il indiqué.
Mettant en exergue la représentativité inédite de cette nouvelle assemblée, il a rappelé l’évolution de la configuration parlementaire.
‘’Honorables députés, ce n’est pas le moment en réalité de faire des discours. C’est la première fois dans l’histoire de la Guinée que cette salle repousse du monde par des représentants légitimes. Nous avons commencé avec 114 députés, et aujourd’hui, nous nous retrouvons avec 147 députés élus, représentant toutes les couches sociales, politiques et les territoires de notre pays’’, a-t-il lancé.
Le triptyque du renouveau : Légiférer utile, Évaluer et Représenter
Dr. Dansa Kourouma a décliné une feuille de route claire, articulée autour de missions majeures pour rompre avec les travers du passé.
1. Rompre avec « l’inflation juridique »
Pour le nouveau président, il ne s’agit plus de voter des textes pour la forme, mais de produire des lois de qualité ayant un impact direct sur le quotidien des populations.
‘’Nous avons un objectif commun : poursuivre la refondation par la construction d’institutions solides. Des institutions qui résistent au temps et à la tentation des hommes. Voter des lois qui tiennent compte des aspirations profondes du peuple de Guinée. Lutter contre l’inflation juridique. Des lois pour les lois ? Non. Les lois qui méritent d’être votées. Des lois de qualité qui contribuent à la mise en œuvre de la vision du Chef de l’État, conformément à la politique du gouvernement en la matière. La finalité des réformes, c’est pour le bien-être de la population’’, a-t-il mentionné.
2. Un contrôle rigoureux mais constructif de l’action gouvernementale
Écartant toute idée de conflit systématique avec l’exécutif, Dr. Kourouma prône une collaboration républicaine basée sur le respect strict des prérogatives de chaque entité, y compris le Sénat et le Conseil de la Nation.
‘’Deuxièmement, évaluer l’action gouvernementale. Il ne s’agit pas de développer une belligérance ou une adversité avec le gouvernement. Nous sommes dans une République où les pouvoirs sont définis par la Constitution, et la Constitution elle-même est l’émanation de la volonté populaire. Chaque institution exerce ses prérogatives conformément à la Constitution et les lois organiques qui complètent la Constitution. Le gouvernement a ses prérogatives, l’Assemblée nationale a ses prérogatives, le Sénat a ses prérogatives, les deux chambres réunies qu’on appelle le Conseil de la Nation, le Conseil de la Nation aussi a ses prérogatives. On fera de sorte que chaque institution puisse exercer ses prérogatives conformément à la loi’’, a-t-il annoncé.
Il a précisé les critères scientifiques de cette évaluation, centrés sur le citoyen. ‘’Évaluer l’action du gouvernement, ça sous-entend : vérifier la pertinence des politiques, ça sous-entend : vérifier l’efficacité des politiques, ça sous-entend : vérifier l’efficience, ça sous-entend : s’assurer, est-ce que ces politiques et ces stratégies du gouvernement sont pérennes ? Et l’autre, c’est l’impact recherché en termes de transformation du quotidien des Guinéens, c’est le bien-être de la population que nous cherchons.’’
3. L’audit minutieux des politiques publiques
Santé, éducation, infrastructures, environnement : aucun secteur ne sera laissé au hasard. Le Parlement s’érige en censeur de l’action publique.
‘’La troisième mission, c’est d’évaluer les politiques publiques : l’éducation, la santé, les infrastructures, l’environnement, etc. S’assurer que les politiques sont proposées par le gouvernement sur la base d’une analyse objective de la situation socio-politique, économique du pays. Les politiques qui sont pertinentes bénéficient d’une sanction positive de la part de la part de l’exécutif, du législatif. Les politiques qui sont impertinentes sont amendées pour qu’elles répondent aux préoccupations de la population’’, a-t-il martelé.
Un « Parlement de conscience » face aux défis ethniques
En conclusion, le président de la 10ème législature a lancé un appel vibrant à l’unité nationale, exhortant les députés à transcender les clivages communautaires pour honorer leur contrat social.
‘’Enfin, la mission de représentation nationale. Chacun a été élu dans une circonscription électorale, c’est une préfecture, c’est une commune de Conakry. Les populations de ces communes attendent de nous. Nous avons un contrat social avec les populations de ces territoires. Nous devons travailler de sorte que ces citoyens se retrouvent dans les décisions que nous prenons ici.
La fonction de représentation, c’est aussi représenter la Guinée tout entière, sans tenir compte des considérations ethniques ou identitaires, mais faire de sorte que nous soyons un parlement de conscience, nous sommes un parlement de renouveau, que nous soyons un parlement qui travaille dans l’indépendance, dans la transparence, dans l’efficacité, pour le bien-être de la population. C’est sur ces mots que j’introduis cette séance plénière consacrée à la poursuite du débat sur l’installation des organes dirigeants de notre robuste Assemblée nationale.
Nous avons dans la salle des personnalités, de principales personnalités qui sont avec nous ce soir. Nous avons le mini- le Conseiller du Président de la République…’’, a indiqué Dr. Dansa Kourouma.
Avec l’installation en cours des organes dirigeants de cette Assemblée nationale, la Guinée pose les jalons d’une gouvernance renouvelée. Le ton est donné, les objectifs sont fixés. Reste désormais aux 147 élus du peuple de transformer ces ambitions en réalités concrètes pour le quotidien des 17 millions de Guinéens.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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