Les audiences criminelles ouvertes depuis le 9 juillet se poursuivent au Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré. Ce jeudi 16 juillet 2026, l’examen du dossier de Pascal Kolié et de son co-accusé Pierre Sagno (absent à l’audience), poursuivis pour vol à main armée, a pris une tournure inattendue.
Face à un dossier jugé vide par toutes les parties, le ministère public a lui-même demandé l’abandon des poursuites.
Une accusation d’extorsion contre les forces de l’ordre
À la barre, Pascal Kolié est resté de marbre face aux accusations de braquage portées contre lui. S’il reconnaît avoir été interpellé aux alentours de 20 heures dans la commune urbaine de N’Zérékoré, il affirme catégoriquement qu’il n’était en possession d’aucune arme (ni blanche, ni à feu).

Pour sa défense, l’accusé a livré une toute autre version des faits, accusant les agents interpellateurs de tentative d’extorsion.
« C’était dans les bandes de 20h quand j’étais dans le quartier où j’habite. Je me suis croisé avec des agents qui m’ont arrêté et m’ont demandé de payer 2 000 000 GNF. Pour avoir un témoin, je leur ai dit de me laisser appeler mon frère qui pourrait m’aider à payer ce montant. Ils ont accepté. C’est ainsi que j’ai appelé Pierre Sagno. À son arrivée, constatant qu’on n’était pas prêts à payer ce montant, on a tous été conduits à la gendarmerie. Mais mon ami n’a fait que 2 semaines de prison pour être relâché. De toutes les façons, je ne suis pas un voleur, encore moins un braqueur », a-t-il raconté.
Un rare consensus entre le parquet et la défense
Après une vingtaine de minutes d’interrogatoire, le président du tribunal, Me Ismaël Nabé, a ordonné la clôture des débats pour passer aux réquisitions et plaidoiries. C’est à ce moment que le procès a basculé.
Le substitut du procureur, Mohamed Fatoumata Soumah, a reconnu que les éléments constitutifs de l’infraction de vol à main armée n’étaient pas réunis. Le représentant du ministère public a alors requis la relaxe pure et simple des inculpés.
Une réquisition logiquement saluée par les deux avocats de la défense, qui ont emboîté le pas au parquet. Dénonçant un « dossier vide », ils ont rappelé qu’aucune arme n’avait été saisie lors de l’arrestation de leur client, justifiant ainsi l’absence totale de preuves palpables. Ils ont formellement demandé au tribunal de ne pas retenir Pascal Kolié dans les liens de la culpabilité.
La décision mise en délibéré
Après avoir écouté les arguments convergents du ministère public et de la défense, le juge Ismaël Nabé a suspendu l’audience concernant cette affaire. La décision finale du tribunal est attendue pour ce vendredi 17 juillet.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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