Le siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC) a vibré ce jeudi 16 juillet 2026, au rythme de la reconnaissance et de la célébration de la démocratie. Lors d’une cérémonie solennelle de remise de satisfécits aux professionnels des médias s’étant illustrés pendant la Synergie des médias lors du double scrutin législatif et communal, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, a pris la parole.
Dans un discours fort, il a salué le climat d’apaisement post-électoral inédit qui règne en Guinée et a rendu un vibrant hommage aux réformes de fond qui ont nettoyé le paysage médiatique national.
Un tournant historique : des élections sans violence
Pour quiconque connaît l’histoire politique de la Guinée, le calme entourant ce double scrutin relève presque du miracle. Boubacar Yacine Diallo n’a pas manqué de le souligner, rappelant le chemin tumultueux parcouru par le pays depuis des décennies.
‘’Nous sommes là depuis près de 40 ans. Nous regardons le visage politique de la Guinée. Elle a été émaillée d’incidents bien avant l’indépendance. Jusqu’à récemment, il n’y a pas eu une élection qui n’a pas été émaillée de violences, de morts d’homme, de blessés, de dégâts parfois immenses. Et soudain, la Guinée organise des élections parfois concomitantes, parfois très proches, comme si on avalait les délais’’, a-t-il rappelé.
Cette prouesse logistique et sécuritaire suscite aujourd’hui l’admiration bien au-delà des frontières guinéennes, transformant le pays en un modèle de maturité électorale pour la sous-région.
‘’Parce que les choses se passent tellement bien, dans l’ordre, la discipline et la paix, que mes collègues africains, les régulateurs africains, me demandent quelle magie la Guinée a pour avoir réussi toutes ces élections sans contestation majeure, mais surtout dans la paix, dans la sérénité’’, s’est réjoui le président de la HAC.
La fin du journalisme « de transport » et le triomphe de l’éthique
Au cœur de cette réussite se trouve une corporation journalistique métamorphosée. Loin des dérives sensationnalistes et de la précarité qui favorisait autrefois la corruption, la presse guinéenne a fait preuve d’une intégrité remarquable. Boubacar Yacine Diallo a mis en avant l’assainissement rigoureux du secteur, qui porte aujourd’hui ses fruits les plus mûrs.
‘’Nous avons assaini la presse avec votre concours’’, a-t-il lancé avec fierté à l’auditoire. ‘’Par le passé, dans cette salle, si la presse n’était pas assainie, vous n’auriez même pas eu de la place. Ceux qui viennent chercher le transport auraient occupé vos fauteuils avant votre arrivée. Vous ne cherchez plus le transport. Vous cherchez l’information. (…) Vous ne recherchez plus le sensationnel parce que vous avez été payés. Vous avez mis à l’avant-scène votre propre responsabilité’’, a-t-il encensé.
Pour illustrer ce changement radical de paradigme, le président de la HAC a partagé une confidence saisissante qu’un homme politique d’expérience lui a faite.
‘’Il dit : ‘Jeune frère (…), la HAC a réussi une chose. Les journalistes… j’ai vu un journaliste qui refuse l’argent.’ Il dit : ‘Je suis là depuis longtemps, c’est la première fois que je vois un journaliste refuser l’argent, parce qu’il m’a dit que les informations que je lui donnais, l’heure de les diffuser n’était pas arrivée.’ Il voulait faire diffuser des résultats et se faire faire publicité’’, a-t-il confessé.
Pour Boubacar Yacine Diallo, ce geste de dignité n’est pas isolé. ‘’Chacun de vous symbolise ce journaliste-là aujourd’hui’’, a-t-il ajouté.
Une liberté jalousement gardée, sous le regard bienveillant de l’État
Si les journalistes ont su résister aux sirènes de la manipulation, c’est aussi parce que les institutions ont pu travailler dans une totale indépendance. Le président de la HAC a tenu à saluer la posture de neutralité absolue adoptée par le Président de la République, garant de la liberté des organes de régulation.
‘’Il y a des acteurs connus : le Président de la République qui a fait un choix clair, organiser des élections crédibles, libres, transparentes. Et il a laissé les institutions agir librement’’, a-t-il affirmé, avant d’insister vigoureusement sur l’absence totale d’ingérence du pouvoir exécutif.
‘’En tout cas, en tant que président de la HAC, et pendant le référendum, et pendant les élections présidentielles, législatives et communales, si j’ai reçu de lui, ce sont des félicitations à l’endroit de la presse, pas une instruction ! Pas une instruction !’’, a-t-il souligné.
S’adressant directement aux récipiendaires du jour, il a conclu en saluant leur maturité démocratique. ‘’Je constate que vous êtes jaloux de votre liberté. Je constate que vous êtes jaloux de votre indépendance. Vous en avez le droit. Vous en avez le droit. Mais je constate aussi que vous insistez beaucoup sur la responsabilité’’, a-t-il conclu.
Avec cette cérémonie, la Guinée prouve que des institutions fortes et une presse libre, responsable et assainie sont les meilleurs remparts contre l’instabilité politique. Une belle leçon de démocratie écrite par les journalistes guinéens eux-mêmes.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
