Par la décision N° 027/HAC/P/26 signée ce mardi 14 juillet 2026, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a officialisé la désignation de superviseurs bénévoles. Une offensive stratégique pour resserrer les mailles du filet de la régulation dans les préfectures et les communes de Conakry, face aux mutations et dérapages observés dans les médias locaux et numériques.
Face à la multiplication des médias de proximité et à l’explosion des plateformes en ligne, la Haute Autorité de la Communication (HAC) muscle son dispositif territorial. La décision rendue publique ce jour jette les bases juridiques et opérationnelles d’un réseau de vigies de l’information à l’échelle nationale.
Visant expressément à répondre aux « nécessités de service et à l’impératif de renforcer la régulation des médias de proximité et des plateformes en ligne », cette mesure marque une décentralisation inédite de l’autorité de régulation.
Désormais, chaque préfecture et chaque commune de Conakry disposera d’un œil averti chargé de veiller au grain.
Un engagement purement citoyen et bénévole
L’une des particularités de cette nouvelle structure réside dans le statut juridique des superviseurs désignés. Selon l’Article 2 de la décision, aucun profil mercenaire ou de carrière n’est envisagé.
‘’Les personnes retenues agissent exclusivement à titre gracieux. Ce statut n’ouvre droit à aucun salaire permanent, ni aux avantages liés à la Fonction publique’’, a précisé la note de l’institution.
Il s’agit donc d’une mission de salubrité publique pour des professionnels, majoritairement des journalistes locaux, qui s’engagent bénévolement pour l’éthique et la déontologie de leur propre corporation.
Des missions de surveillance et d’alerte précoce
Les attributions dévolues à ces superviseurs, détaillées à l’Article 3, sont particulièrement étendues. Ils sont les représentants officiels et les ambassadeurs de l’institution sur le terrain. À ce titre, ils :
- Représentent officiellement la HAC auprès des Autorités et des acteurs locaux ;
- Servent de relais entre la HAC et les médias de la zone concernée ;
Renforcent la régulation des médias locaux ; - Assurent le monitoring des médias (radios, télévisions, presse écrite, médias en ligne et espaces numériques) ;
- Attirent l’attention de la HAC sur les manquements et dérapages enregistrés dans la préfecture ou la commune pour la zone spéciale de Conakry ;
- Veillent au respect des lois régissant l’information, la communication et de la déontologie journalistique.
Pour assurer l’efficacité de leur action, l’Article 4 précise le lien hiérarchique : « Pour l’exercice de leurs compétences, les Superviseurs agissant à titre gracieux relèvent directement de l’autorité des Points Focaux de leurs Régions administratives respectives. Ils leur transmettent périodiquement leurs rapports d’écoute et d’observation ».
Un appel à la collaboration civile et militaire
Pour garantir l’efficacité de cette mission de veille de premier niveau, le président de la HAC interpelle directement les pouvoirs publics locaux. L’Article 5 dispose en effet que « Les Autorités civiles et militaires sont priées d’apporter toute l’aide et l’assistance nécessaires aux superviseurs dans l’accomplissement de leur mission », scellant une alliance globale pour la préservation de l’ordre informationnel.
Ci-dessous la décision y afférente
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
