À l’heure où la Guinée boucle progressivement le chronogramme de son retour à l’ordre constitutionnel, les acteurs politiques dressent le bilan. Ce week-end, le Dr Ben Youssouf Keïta, ancien député et président de l’Alliance pour le Changement et le Progrès (ACP), s’est exprimé sur l’actualité nationale.
L’ancien parlementaire a salué les avancées majeures enregistrées par les autorités de la transition et appelé la nouvelle génération d’élus locaux à la responsabilité.
Un cycle électoral pacifique et décisif
Pour le président de l’ACP, la transition guinéenne touche à sa fin avec l’organisation réussie des différentes étapes électorales par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Du référendum constitutionnel aux élections communales et communautaires, en passant par les législatives, le processus s’est déroulé sans heurts majeurs, un fait rare dans l’histoire politique récente du pays.
« Je pense que le CNRD a remporté une grande victoire depuis son arrivée au pouvoir en organisant les différentes élections prévues dans le cadre de la transition. […] Il est également important de souligner que, depuis 2010, aucune élection ne s’était déroulée sans pertes en vies humaines ou sans dégâts matériels. Cette fois-ci, les différents scrutins se sont déroulés dans le calme. Nous ne pouvons que féliciter les organisateurs et saluer la maturité du peuple de Guinée », a-t-il déclaré.
Le bicamérisme et le renouvellement générationnel
Cette nouvelle ère est marquée par une refonte de l’architecture institutionnelle, la Guinée évoluant désormais vers un régime bicaméral composé d’une Assemblée nationale et d’un Sénat. Mais au-delà des institutions nationales, c’est au niveau local que le Dr Keïta observe le changement le plus radical : l’arrivée massive des jeunes.
Aujourd’hui, dit-il, près de 90 % des maires et conseillers communaux sont des jeunes, remplaçant une classe politique vieillissante.
Face à ce qu’il qualifie de « véritable renouvellement générationnel », l’ancien parlementaire a tenu à rappeler aux nouveaux élus l’ampleur de leur mission.
L’intérêt public d’abord : Servir les concitoyens sans chercher l’enrichissement personnel.
Saisir les opportunités : Tirer parti des grands projets structurants de l’État, comme le programmeSimandou 2040.
Priorités locales : Se concentrer sur la salubrité publique, la sécurité et l’éducation civique.
Rôle de rassembleur : Préserver les infrastructures, promouvoir la paix, la cohésion sociale et la stabilité dans les communes.
Cap sur le Sénat pour clore une carrière bien remplie
Interrogé sur son propre avenir politique, le médecin de profession a annoncé qu’il ne briguerait plus de mandat de député à l’Assemblée nationale. Fort de ses décennies de service public, il vise désormais la chambre haute du nouveau parlement.
« Après plus de 45 années d’exercice de la médecine et de nombreuses années d’engagement politique, je pense avoir acquis l’expérience, la sagesse et le patriotisme nécessaires pour continuer à servir mon pays. Je ne suis plus candidat à la députation. Mon souhait est d’achever ma carrière politique au Sénat, si Dieu le veut », a-t-il annoncé.
Que ce soit par la voie des urnes ou par nomination, le Dr Ben Youssouf Keïta se dit prêt et disponible pour continuer à servir la République dans cette nouvelle ère institutionnelle.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
