Les audiences criminelles du Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré se sont ouvertes ce jeudi 9 juillet 2026 avec l’examen de dossiers lourds. Parmi les 24 affaires inscrites au rôle figure celle d’Alpha Ibrahima Baldé, un militaire en service au camp Béhanzin, accusé de viol sur mineure suivi de mort, des faits qui remonteraient à décembre 2025.
À la barre, l’homme a clamé son innocence, justifiant son implication financière par simple compassion.
Un complot basé sur les prédictions d’un charlatan ?
Dès sa prise de parole, l’accusé a catégoriquement rejeté l’ensemble des charges pesant contre lui. Pour sa défense, Alpha Ibrahima Baldé a dénoncé une accusation fantaisiste, née selon lui des divagations d’un guérisseur traditionnel.
« Je ne reconnais pas ces faits. Tout ce que les gens disent dans cette affaire ne sont que des contrevérités. Il y a plus de 15 ans que je vis avec eux dans ce secteur. C’est un charlatan qui leur a dit que c’est un homme marié à 3 femmes qui a violé leur fille. Et puis, ils se sont dirigés vers moi », s’est défendu le militaire.
Il affirme avoir lui-même exigé des examens médicaux qui auraient, d’après ses dires, écarté la thèse du viol au profit d’une autre pathologie.
Une ordonnance payée par « pitié »
L’un des points centraux de l’accusation repose sur le paiement, par le prévenu, d’une première ordonnance médicale pour la victime, estimée à plus de 300 000 francs guinéens. Loin d’y voir un aveu de culpabilité, le militaire assure avoir agi par pure empathie face à la détresse financière de la famille.
« J’ai vu qu’ils étaient en manque de moyens pour s’occuper de leur enfant, c’est pourquoi ils ont tenté de m’accuser. Malgré tout ça, je me suis volontairement engagé à prendre en charge la première ordonnance […]. Je l’ai fait parce que j’ai eu pitié. Non pas parce que j’étais coupable », a-t-il argué.
Le passé trouble soulevé par le parquet
Lors des débats contradictoires, le ministère public a tenté de fragiliser cette ligne de défense en évoquant un précédent. Le parquet a fait état d’une ancienne affaire de viol impliquant l’accusé, qui aurait été étouffée et réglée à l’amiable au sein du camp militaire. Une allégation balayée d’un revers de main par Alpha Ibrahima Baldé.
« C’est la première fois qu’on m’accuse d’avoir violé une femme, encore moins une mineure, depuis ma naissance », nie-t-il en bloc.
Renvoi de l’affaire pour preuves médicales
L’affaire, portée devant la justice par la famille de la victime suite à la détérioration de son état de santé et à son décès, nécessite davantage de clarté scientifique.
Sur demande de Maître Claver, avocat principal de la défense, le président du TPI, Ismaël Nabé, a ordonné le renvoi du dossier au 13 juillet 2026.
Cette prochaine audience sera cruciale : elle devra permettre la présentation du bulletin médical rédigé par le médecin légiste de l’hôpital régional, ainsi que l’audition des témoins cités par la défense.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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