La justice guinéenne continue de sévir contre les dérives qui entachent le système éducatif. Ce mercredi 8 juillet, le Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré a examiné les dossiers d’une dizaine de personnes impliquées dans des fraudes lors de la session 2026 des examens nationaux.
Si certaines peines ont d’ores et déjà été prononcées, d’autres accusés, ayant avoué des faits de corruption, devront patienter pour connaître leur sort.
Un système de « cotisations » au centre d’examen de Boma
L’un des dossiers phares de cette journée d’audience concernait Daniel Guilavogui (délégué) et Martin Kolié (secrétaire du délégué), en service au centre DDG de Boma lors des épreuves du BEPC.
Dès les enquêtes préliminaires, les deux hommes ont choisi de collaborer en reconnaissant les faits. Selon le procureur par intérim, Moussa Camara, le délégué avait instruit son secrétaire de collecter une « contribution volontaire » auprès des candidats pour faciliter la fraude. Ainsi, 9 des 11 salles du centre ont cotisé un montant total de 1 900 000 francs guinéens, remis au délégué.
Bien que les accusés aient souligné qu’aucune fraude n’a finalement été perpétrée ce jour-là, l’intention et la perception des fonds ont été clairement établies.
Saluant leur bonne foi et leurs aveux, le Ministère public a requis contre eux 3 ans d’emprisonnement assortis de sursis et le paiement d’une amende de 1 000 000 GNF chacun.

Le président du tribunal, Ismaël Nabé, a mis l’affaire en délibéré ; la décision finale sera rendue ce vendredi 10 juillet 2026.
Fuites sur WhatsApp et téléphones en salle : les verdicts sont tombés
Le tribunal s’est également prononcé sur un autre groupe de prévenus, impliqués dans des actes de tricherie directe ou d’organisation de fraude flagrante.
Pour le cas Massé Touré, le juge a estimé que le délit n’était pas constitué à son égard. Il a donc bénéficié d’une relaxe pure et simple. Mais pour ce qui en est de Aimé Malomou, il a été déclaré coupable d’organisation de fraude lors des épreuves du Certificat d’Études Élémentaires (CEE). Il avait été interpellé suite à la diffusion du sujet d’Éducation Civique et Morale (ECM) via un groupe WhatsApp.
De son côté, Sophie Kolié, une candidate au BEPC qui avait été surprise par un délégué en train de consulter son smartphone en pleine évaluation, a été reconnue coupable de fraude à l’examen. Par conséquent, elle a été condamnée à 3 mois d’emprisonnement assortis de sursis et au paiement d’une amende de 1 000 000 GNF.
À travers ces décisions fermes, le TPI de N’Zérékoré envoie un signal fort : les autorités judiciaires et éducatives entendent faire primer le mérite et la transparence au sein de l’école guinéenne.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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