La justice guinéenne frappe fort contre la tricherie en milieu scolaire. Le 7 juillet dernier, le Tribunal de Première Instance (TPI) de Kindia a condamné sept candidats au baccalauréat à une peine d’un mois d’emprisonnement ferme. Une décision qui s’inscrit dans la vaste campagne de moralisation des examens nationaux menée par les autorités.
Un verdict sans concession, malgré l’émotion
Parmi les sept élèves condamnés, on compte trois jeunes filles, dont une mère allaitante. Si la situation de cette dernière a suscité une vive émotion dans la salle d’audience, le tribunal n’a pas fléchi, estimant que l’infraction de fraude était matériellement établie.
Le procureur de la République près le TPI de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a détaillé les circonstances de leur arrestation, survenue en plein flagrant délit.
« Ces élèves ont été entendus sur les faits de fraude dans les examens et concours. Le dossier a été référé et je les ai fait passer sur-le-champ pour qu’ils soient jugés. Certains d’entre eux ont fait entrer des documents pour copier et d’autres trichaient entre eux dans la salle. Ils avaient échappé aux contrôles à l’entrée, mais ils ont été rattrapés par les surveillants. Non seulement le bac 2026 est terminé pour eux, mais ils ont aussi été jugés et condamnés. […] Actuellement, ils sont en train de purger leur peine à la maison d’arrêt de Kindia », a-t-il affirmé.
Une sanction minimale à vocation dissuasive
Pour le ministère public, cette incarcération immédiate vise à matérialiser la volonté de l’État de bannir les pratiques frauduleuses du système éducatif. Le procureur a tenu à rappeler que, d’un point de vue strictement légal, le juge a même fait preuve d’une certaine indulgence quant à la durée de la peine prononcée.
« L’État organise les examens et fournit beaucoup d’efforts pour leur bonne tenue. Il veut des diplômés qui réussissent dans les règles de l’art, pas des candidats qui copient pour obtenir un diplôme. La loi prévoit une peine allant d’un mois à trois ans d’emprisonnement. Le président du tribunal a choisi le minimum. Il pouvait prononcer un an ou deux ans. Cette peine d’un mois est déjà une mesure de dissuasion. Le tribunal a même fait preuve de clémence », a-t-il argué.
Un appel direct à la responsabilité parentale
Mamadou Bhoye Diallo a souligné l’ingéniosité mal placée de certains candidats, qui n’hésitent pas à dissimuler des antisèches dans leurs sous-vêtements pour contourner les fouilles. Face à ce constat, il a exhorté les familles à s’impliquer davantage dans la préparation morale et académique de leurs enfants.
« Cette décision doit servir d’exemple aux candidats des prochains examens. À Kindia, nous nous inscrivons dans la même logique que le ministère de l’Enseignement : tolérance zéro. Toute personne surprise en train de frauder sera traduite devant la justice et jugée conformément à la loi. Les parents doivent apporter leur grain de sel en aidant leurs enfants à étudier et à réviser », a-t-il interpellé.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
