Le président de la jeunesse de l’UDIR et tête de liste du parti aux dernières élections législatives, Hamidou Sow, s’est fermement opposé à toute revendication du statut de chef de file de l’opposition en Guinée. Au cours d’une intervention accordée au site lerevelateur224.com, il a estimé que cette fonction n’a plus sa place dans le contexte politique actuel marqué, selon lui, par la refondation engagée par les autorités de la transition.
Pour ce responsable de l’UDIR, les acteurs politiques doivent faire preuve de prudence dans le choix des termes qu’ils utilisent.
« Nous demandons à ceux qui s’expriment de faire très attention aux mots. Aujourd’hui, nous refusons même le terme d’opposition », a-t-il déclaré.
Selon Hamidou Sow, les réformes entreprises par le CNRD ont profondément transformé le paysage politique guinéen à travers un processus de refondation et d’assainissement de la scène politique. Dans cette dynamique, il estime que la notion de chef de file de l’opposition est devenue obsolète.
Le jeune responsable politique considère qu’attribuer ce statut à une seule personnalité reviendrait à concentrer des avantages financiers et politiques entre les mains d’un individu.
« Nous refusons qu’une seule personne bénéficie de millions, voire de milliards de francs guinéens, au nom de chef de file de l’opposition », a-t-il soutenu.
À la place, Hamidou Sow propose que les ressources destinées à cette fonction soient utilisées pour financer l’ensemble des partis politiques légalement constitués. Selon lui, ces subventions permettraient notamment aux formations politiques de couvrir leurs charges de fonctionnement, de former leurs militants et de promouvoir le civisme ainsi que la culture démocratique.
Il rappelle avoir pris part à une rencontre organisée récemment par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), consacrée à la démocratie interne des partis politiques. Une occasion, dit-il, de constater les besoins réels des formations politiques en matière d’accompagnement institutionnel.
Enfin, Hamidou Sow a également critiqué ceux qui revendiquent simultanément un mandat de député et le titre de chef de file de l’opposition. Il estime que ces responsabilités sont difficilement conciliables et a appelé à une meilleure compréhension des principes qui doivent régir les institutions de la République.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
