Alors que l’année scolaire 2025-2026 tire à sa fin, l’inquiétude grandit chez les 145 enseignants contractuels communaux non retenus de Kissidougou. Des enseignants qui n’ont pas hésité à monter au créneau pour dénoncer la lenteur qui caractérise la mise en œuvre de certains points du protocole d’accord signé entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation.
Depuis sa signature en janvier 2026, cet accord qui prévoit l’intégration des enseignants contractuels recalés, tarde à faire bouger les lignes. Cette situation ne rassure guère les 145 enseignants contractuels de Kissidougou qui ont tenu une réunion ce mercredi 17 juin 2026, pour définir ensemble les marches à suivre.
À travers cette démarche, ces enseignants tentent de mettre la pression sur le gouvernement afin d’accélérer leur intégration à la fonction publique. Jean Claude Kamano, représentant préfectoral des enseignants contractuels recalés de Kissidougou, a mis un accent particulier sur leurs difficiles conditions de travail sur le terrain.

‘’A Kissidougou, nous évoluons au primaire tout comme au secondaire et la plupart d’entre nous servent dans les zones rurales. Nous sommes des responsables de famille et nous avons des enfants à habiller, à nourrir et à scolariser. Imaginez un peu les conditions de vie d’un enseignant qui n’est pas pris en charge en Guinée. Mais comme nous avons de la passion pour ce métier et nous avons envie de servir la Guinée à notre manière, c’est pourquoi, nous sommes restés en classe.
Depuis 2018, certains parmi nous sont en situation de classe. Beaucoup de nos collègues ont connu les divorces à cause des conditions de vie très précaires, certains sont morts et d’autres se sont suicidés. Malgré tout ce que nous rencontrons quotidiennement comme difficultés, nous n’avons jamais abandonné nos postes dans l’espoir que le gouvernement va finaliser notre dossier’’, a-t-il rappelé.
Continuant, cet instituteur en service dans la sous-préfecture de Beindou, se dit impatient de voir enfin le démarrage effectif de la mise en œuvre du protocole d’accord.
‘’La signature de cet accord nous a rassurés à plus d’un titre. C’était une sorte de résurrection à notre niveau. Mais la lenteur du processus nous a replongés dans le doute. D’ailleurs, ce mercredi 17 juin, c’est le terme du délai de 2 mois donné par le gouvernement et jusqu’à présent, rien de concret sur le terrain. Nous avions salué la mise en place des commission depuis avril mais on se demande pourquoi ces commissions ne viennent pas sur le terrain pour entamer le contrôle physique ? Alors sans douter de la bonne foi du gouvernement, nous invitons le Père de la nation, le Président Mamadi Doumbouya à s’impliquer personnellement dans ce dossier pour redonner le sourire à ces vaillants serviteurs de la nation.
Nous n’allons jamais perdre l’espoir et d’ailleurs, je reste convaincu que d’ici la fin de ces examens nationaux, les différentes commissions seront déployées sur le terrain pour faire avancer le processus. Je profite de votre site d’information pour remercier monsieur le D.P.E de Kissidougou et le chargé des ressources humaine qui sont toujours à nos côtés pour nous encourager et nous rassurer d’avantage’’, a-t-il laissé entendre.
Au même moment que ces enseignants contractuels se font entendre un peu partout à travers le pays, les syndicats de l’éducation élèvent eux aussi la voix pour dénoncer le non-respect du chronogramme d’application du protocole d’accord, surtout des points concernant ces enseignants contractuels. D’ailleurs, certains syndicats n’excluent pas la possibilité de perturber la tenue des examens nationaux.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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