Une coalition de sept formations politiques a officiellement rejeté ce vendredi 12 Juin, les résultats provisoires du double scrutin du 31 mai 2026, récemment publiés par la Direction générale des élections (DGE).
Réunis à la Maison des Journalistes de la Minière, les leaders du RPR, du NFD, du MND, de l’UNG, de l’UDIR, du NIC et de l’UPR ont publié une déclaration conjointe sans concession. Ils y dénoncent des manipulations électorales et une atteinte à la démocratie.
‘’Tout en réaffirmant notre attachement indéfectible aux principes démocratiques, à la paix sociale et à la stabilité de notre pays, nous tenons à exprimer collectivement nos plus profondes préoccupations face à ce qui s’apparente à une véritable confiscation de la volonté populaire’’, a déclaré M. Diabaty Doré devant la presse.
La bataille des chiffres : Des incohérences flagrantes pointées du doigt
Pour appuyer leurs accusations, les contestataires affirment détenir des procès-verbaux (PV) officiels en totale contradiction avec les données de la DGE. Deux exemples ont particulièrement été mis en avant :
Le cas de l’UDIR : Crédité de seulement 1 001 suffrages au niveau national, le parti aurait pourtant récolté 2 366 voix dans la seule localité de Tintioulen (préfecture de Kankan), selon le PV de centralisation locale.
‘’Comment un score enregistré dans une seule localité peut-il être supérieur au total national annoncé par la DGE ?’’, s’est interrogé le porte-parole de la coalition.
Le cas du RPR : Alors que la DGE lui attribue 1002 voix sur tout le territoire, les opposants affirment que le parti a obtenu 1 711 voix rien que dans la commune urbaine de N’Zérékoré. De plus, le cumul de plusieurs localités (Koumandou, Friguiagbé, Foumbadou, Gbessia et Kouankan) atteindrait près de 6 971 voix en sa faveur.
Des anomalies mathématiques…
Au-delà des écarts de chiffres, la coalition dénonce des anomalies statistiques et des violations flagrantes du Code électoral, notamment à Kénendé, Dubréka, Korbonya et Fatako.
‘’Dans plusieurs circonscriptions, des listes concurrentes se voient attribuer exactement le même nombre de voix au chiffre près. Une telle symétrie est mathématiquement impossible dans un vote libre’’, soutiennent-ils.
L’administration électorale se voit également reprocher le non-respect des procédures, en particulier le manque de transparence concernant l’affichage des résultats dans les bureaux de vote et l’exclusion des délégués des partis lors de la centralisation.
Un dépouillement court-circuité par les annonces officielles
L’un des témoignages les plus critiques de cette conférence de presse est venu du président de la NIC, M. Ibrahima Kaba. Ce dernier a fustigé la vitesse suspecte avec laquelle les résultats provisoires ont été proclamés, notamment pour les circonscriptions de Labé et Guéckédou.
‘’Nos représentants étaient encore engagés dans les travaux de compilation au sein des commissions administratives de centralisation des votes. Pourtant, les résultats étaient déjà proclamés sur les antennes nationales’’, a-t-il déclaré.
Ce décalage temporel jette, selon les frondeurs, un doute sérieux sur la fiabilité et la traçabilité de l’ensemble du processus.
La Cour suprême comme dernier rempart
Habitués des procédures judiciaires pour avoir déjà contesté (avec succès) leur mise à l’écart initiale lors de la validation des candidatures, les sept partis se tournent à nouveau vers la plus haute juridiction du pays.
‘’Nous fondons notre espoir sur la rigueur, l’indépendance et la dignité de la Cour suprême. Nous attendons d’elle qu’elle examine les pièces irréfutables que nous lui avons soumises et qu’elle dise le droit’’, a déclaré M. Diabaty Doré.
Les requérants demandent deux issues possibles : un recomptage transparent basé sur les PV authentiques ou, si cela s’avère impossible, l’annulation pure et simple du double scrutin suivie de nouvelles élections.
Un mot d’ordre : Retenue et vigilance
Malgré la gravité de leurs accusations, les leaders politiques ont tenu à calmer le jeu dans l’attente de la décision de justice, évitant ainsi de basculer dans la violence de rue.
« Ne cédons à aucune provocation. Restons mobilisés avec dignité et fermeté dans l’attente du verdict juridictionnel pour la défense exclusive de la démocratie », ont-ils lancé.
Le verdict de la Cour suprême sera décisif. Il déterminera non seulement la légitimité de la future Assemblée nationale, mais aussi et surtout, la trajectoire politique de la Cinquième République.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
