Le drame s’est noué en plein cœur du bassin minier de la Haute-Guinée. Une jeune femme âgée d’une vingtaine d’années, a tragiquement perdu la vie à la suite d’une intoxication médicamenteuse majeure. Le décès est survenu après l’administration d’un produit prohibé au sein d’une clinique médicale non agréée à Doko, une sous-préfecture située à 45 kilomètres du centre-ville de Siguiri.
Le film d’un engrenage médical mortel
La victime, identifiée sous le nom de Makassia Traoré, résidait dans la localité de Tonson. Pour se faire soigner, elle s’est déplacée jusqu’à la sous-préfecture voisine de Doko, afin de consulter son « médecin traitant » habituel, qui exerçait dans une structure totalement clandestine.
Selon les explications détaillées du Docteur Abdoulaye Bachir Condé, médecin d’appui aux urgences médico-chirurgicales de l’hôpital préfectoral de Siguiri, la situation a basculé dès le retour de la patiente chez elle.
« Après que son médecin lui a administré des produits, elle est retournée à Tonson. Vers la soirée, elle a développé de graves problèmes de dyspnée (difficultés respiratoires aiguës). Cela l’a poussée à se rendre en urgence au poste de santé légal de Tonson », a-t-il confié.
La « Novalguine » : Un produit banni en Guinée à l’origine du choc
Face à la détresse respiratoire de la jeune femme, l’équipe du poste de santé de Tonson a tenté une procédure d’urgence en lui administrant un sérum salé associé à de la dexaméthasone. En interrogeant la victime sur les antécédents de sa journée, les agents ont pris contact avec le praticien clandestin de Doko. Ce dernier a alors avoué lui avoir injecté de la Novalguine. Le Dr Abdoulaye Bachir Condé tire la sonnette d’alarme sur la dangerosité de cette substance.
« La Novalguine est un produit prohibé qui a été retiré de la liste des médicaments autorisés en Guinée, en raison de ses effets secondaires dévastateurs pouvant plonger le patient dans un tableau de choc anaphylactique. Si cela survient en l’absence d’un réanimateur expérimenté et équipé, l’issue est fatalement mortelle. C’est ce qui est arrivé à la dame », a-t-il souligné.
Le corps de la victime a été officiellement qualifié de « mort suspecte liée à une intoxication médicamenteuse » avant d’être restitué à sa famille pour les inhumations.
La justice frappe fort : Tous les soignants sous les verrous
Ce drame médical prend désormais une tournure judiciaire immédiate. Interpellé par la gravité des faits, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Siguiri, a ordonné un coup de filet immédiat.
Les responsables de la clinique non agréée de Doko, ainsi que les agents de santé du poste de Tonson ayant pris en charge la victime en seconde intention, ont tous été arrêtés et placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête criminelle.
Cette affaire tragique illustre de manière flagrante les dérives du secteur de la santé dans l’arrière-pays.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
