Le bras de fer autour de l’intégrité du double scrutin du 31 mai 2026 se déplace sur le terrain judiciaire. Face à la prolifération de chiffres et de tendances contradictoires sur les réseaux sociaux, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry, Fallou Doumbouya, a publié ce vendredi 5 juin 2026 un communiqué officiel de tolérance zéro, ordonnant l’interpellation immédiate des contrevenants.
L’exclusivité des résultats à la Direction Générale des Élections
Cinq jours après le vote historique censé clore la transition, l’attente des résultats officiels génère une forte fébrilité à Conakry et à l’intérieur du pays. Pour couper court aux spéculations des internautes et des différents états-majors politiques (GMD-UMP, PACT), le Parquet Général a tenu à remettre les pendules juridiques à l’heure.

S’appuyant sur les articles 113, 239 et 341 du Code électoral, renforcés par un Avis consultatif de la Cour Suprême rendu le 29 mai dernier, Fallou Doumbouya a rappelé que la proclamation des résultats provisoires relève de la compétence unique et exclusive de la Direction Générale des Élections.
La loi sur la cybersécurité brandie comme arme de dissuasion
Pour donner du muscle à ce rappel à l’ordre, l’appareil judiciaire ne brandit pas seulement le Code électoral, mais actionne les leviers répressifs de la lutte contre la cybercriminalité.
Le communiqué précise que la propagation de tendances non officielles est désormais qualifiée d’« atteinte et menace à l’ordre et à la sécurité publics par le biais d’un système informatique ». Les auteurs de ces publications tombent sous le coup des articles 31 et 32 de la loi du 28 juillet 2015 relative à la cybersécurité. Les sanctions encourues impliquent de lourdes amendes et des peines de prison fermes.
Consigne d’interpellation donnée aux Procureurs et à la Police Judiciaire
L’avertissement est loin d’être une simple formalité : le Procureur Général a formellement instruit les Procureurs de la République ainsi que les services de Police Judiciaire (Police et Gendarmerie) de son ressort d’ouvrir des enquêtes pour traquer, identifier et interpeller les internautes indélicats.
Cet appel à la retenue cible particulièrement les médias en ligne et les stations de radio ; les blogueurs et les influenceurs sur Facebook, X (ex-Twitter) et TikTok ; les administrateurs de groupes WhatsApp où transitent les fiches de compilation des bureaux de vote.
Cette offensive judiciaire fait écho à la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) qui, le jour même du scrutin, avait suspendu pour six mois le correspondant de l’AGP à Labé pour manquement grave à la neutralité. À Conakry, le mot d’ordre des autorités est clair : sanctuariser la paix sociale jusqu’à la publication des chiffres officiels.
Lerevelateur224.com.
