La terrible nouvelle est tombée ce lundi 1er juin 2026. Le doyen Souleymane Diallo, fondateur emblématique du groupe de presse satirique Le Lynx – La Lance, s’est éteint au Canada à l’âge de 81 ans, où il recevait des soins médicaux depuis décembre dernier.
L’hommage vibrant de Cellou Dalein Diallo au pionnier de la liberté
Depuis l’exil, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, a été l’un des premiers à réagir à cette disparition. Dans un message empreint d’émotion, le leader politique a rappelé le rôle de précurseur qu’a joué l’illustre défunt dès le début des années 1990, sous le régime du général Lansana Conté.
« Avec Le Lynx, créé en 1992 dans un contexte où la liberté d’expression était encore balbutiante, Souleymane Diallo a ouvert la voie à l’émergence d’une presse libre et indépendante. De retour d’exil, il a fait le pari, contre tous les scepticismes, qu’une parole libre, critique et humoristique pouvait exister et trouver son public en Guinée », a témoigné l’ancien l’ancien Premier ministre.
Pour le président de l’UFDG, le style unique du doyen, fait d’ironie mordante et de caricatures incisives, a permis de « dénoncer sans relâche les abus du pouvoir, sans jamais céder à la peur ni aux pressions. »
Un consensus républicain autour d’une plume immortelle
Preuve de l’immensité de l’héritage laissé par Souleymane Diallo, les hommages ont transcendé les clivages politiques du pays. Au nom du chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, et du Premier ministre Amadou Oury Bah, le gouvernement a également publié un communiqué officiel saluant « une voix respectée du journalisme guinéen » et « une perte majeure pour la nation ».
Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a lui aussi pris la plume pour saluer le départ d’un « immortel pionnier ».
Un combat qui résonne avec l’actualité contemporaine
Cette disparition survient dans un climat particulièrement lourd pour la presse guinéenne. Comme l’a souligné le leader de l’UFDG dans sa déclaration, la mort de Souleymane Diallo intervient « dans un contexte marqué par la censure, la fermeture des médias indépendants et le recul inquiétant des libertés. »
Ce sombre constat fait un écho direct aux événements récents de Marseille, où l’épouse du journaliste d’investigation guinéen Habib Marouane Camara (porté disparu depuis décembre 2024), recevait le jour même le prix RSF de la liberté de la presse.
En tirant sa révérence au lendemain du vote pour le retour à l’ordre constitutionnel, le patriarche du journalisme d’opinion laisse derrière lui une rédaction orpheline, une veuve, trois enfants et des générations de professionnels inspirés par son audace.
Lerevelateur224.com.
