Dans une déclaration rendue publique ce samedi 30 mai 2026, le Réseau Ouest-Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP-Guinée), a présenté son analyse du processus électoral à la veille des élections législatives et communales. L’organisation y relève plusieurs motifs de satisfaction, tout en attirant l’attention sur des défis susceptibles d’affecter le bon déroulement du scrutin.

Parmi les éléments positifs enregistrés, le WANEP cite notamment « le respect de la date du 31 mai 2026, malgré le report intervenu du 24 au 31 mai, l’habilitation de l’ONASUR pour la supervision des élections, ainsi que le retour de certains partis politiques qui avaient initialement décidé de boycotter le processus. »
L’organisation se félicite également de la conduite du processus électoral sans incidents majeurs ni violences physiques sur le terrain. Elle souligne par ailleurs l’accréditation d’un nombre important d’observateurs nationaux et internationaux, la présence de plusieurs missions d’observation électorale, notamment celles de la CEDEAO, de l’Union africaine et de l’Union du Fleuve Mano, ainsi que la mise en place d’un dispositif de sécurisation du processus électoral.
Toutefois, le WANEP-Guinée relève plusieurs sujets de préoccupation. Parmi eux, figurent « les risques de violences électorales dans certaines zones du pays, les campagnes de désinformation et de « fake news » sur les réseaux sociaux, ainsi que le faible taux de participation » qui pourrait être enregistré lors du scrutin.
L’organisation attire également l’attention sur les risques de confusion dans les opérations de vote en raison de la faible compréhension du mode de scrutin par une partie des électeurs. Une situation qui, selon elle, pourrait entraîner une faible participation et un nombre élevé de bulletins nuls.
Le WANEP mentionne également parmi les défis à relever les appels au boycott du processus électoral lancés par certains leaders politiques et acteurs de la société civile, la dissolution de 41 partis politiques ainsi que l’emprisonnement de certains leaders politiques et acteurs de la société civile.
Face à ces défis, l’organisation insiste sur la nécessité d’assurer la sécurisation du processus électoral et le respect des droits humains sur toute l’étendue du territoire national. Elle appelle également au respect des principes électoraux de transparence, de sincérité et d’inclusivité afin de garantir la validité et l’acceptation des résultats du double scrutin.

Le WANEP attire par ailleurs l’attention sur les risques de mésinformation et de désinformation auxquels pourraient être exposés les électeurs, notamment les femmes et les jeunes, à travers les réseaux sociaux.
Au regard de ces constats, Jean-Marc Guinée recommande au gouvernement d’éviter toute interférence susceptible d’entacher la crédibilité du double scrutin et des résultats qui en seront issus. Il l’invite également à renforcer le dispositif de sécurité dans les zones à risque avant, pendant et après les élections.
À la Direction générale des élections, le WANEP recommande d’assurer une bonne opérationnalisation du mécanisme de réponse rapide afin d’apporter des solutions appropriées aux éventuels dysfonctionnements et irrégularités constatés sur le terrain dès l’ouverture des bureaux de vote. L’organisation appelle également l’institution à agir avec impartialité dans le strict respect du Code électoral et à renforcer sa communication pour contrer la désinformation sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Aux partis politiques, mouvements politiques et candidats indépendants, le réseau recommande de privilégier le dialogue et le recours aux voies légales pour le règlement des différends éventuels. Il les exhorte également à adopter des comportements responsables et sensibles aux conflits afin de limiter les risques de violences et de pertes en vies humaines.
Le WANEP invite en outre les forces de défense et de sécurité à maintenir l’ordre dans le respect de la loi et des droits humains, tout en agissant avec professionnalisme lors des opérations de maintien de l’ordre.
L’organisation appelle enfin les institutions de protection et de promotion des droits humains à poursuivre leur veille, la Haute Autorité de la Communication à faire respecter l’éthique et la déontologie dans les médias, et la presse nationale comme internationale à privilégier une couverture sensible à la paix en s’abstenant de toute publication susceptible d’attiser les tensions.
Le réseau encourage également les leaders communautaires, religieux et traditionnels à poursuivre leurs efforts en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble à l’approche du scrutin.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
