Le rideau est tombé sur la plus grande manifestation culturelle de la Haute-Guinée. Après trois jours de festivités intenses, de rythmes envoûtants et d’élégance traditionnelle, la 86ᵉ édition de la Grande Mamaya de Kankan a pris fin ce samedi 30 mai 2026, au stade préfectoral M’Balou Mady Diakité. Les organisateurs tirent un bilan hautement positif de ce millésime marqué par un rayonnement international inédit.

Une édition historique honorée par la Côte d’Ivoire
Pour le Sèdè Dandiya n°4, l’association générationnelle chargée de piloter les festivités pour la quatrième année consécutive, le pari de la modernisation et de l’ouverture a été largement gagné. Le président du Sèdè, Mamadou Diana Kaba, n’a pas caché sa fierté lors de son allocution de clôture.

« Nous avons réussi la meilleure des éditions de la Grande Mamaya de Kankan, avec la participation remarquable et remarquée de la République sœur de la Côte d’Ivoire, qui a dépêché deux ministres pour y assister. C’est un grand honneur », a-t-il indiqué.
Le Général Mamadi Doumbouya au cœur de la danse

L’événement a pris une dimension républicaine exceptionnelle avec la présence physique et immersive de la première personnalité du pays. Le Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, a en effet rehaussé les festivités en venant communier et danser la Mamaya aux côtés des citoyens pendant deux jours consécutifs. Un geste salué par des prières de longévité et de prospérité formulées par les organisateurs et les grandes familles de griots de la place, notamment les Balakaladou et les Sididou.

Le président du Sèdè a également tenu à remercier le pool de partenaires publics et privés, citant le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, la logistique de Chef by Issa, la sonorisation de Bénédi Records et de Guitare SA, ainsi que le soutien financier de la famille de l’ancien Premier ministre Bernard Goumou.
Des restrictions d’accès rigoureuses pour préserver l’image de la Mamaya

Si l’événement frôle la perfection, le vice-président du Sèdè, Gassime Kaba, a tenu à apporter des clarifications quant au filtrage très strict opéré aux entrées du stade, qui a suscité quelques frustrations parmi les spectateurs.
« Les restrictions étaient indispensables pour préserver l’image de la Mamaya. Si la pelouse est envahie, on ne peut plus danser. Des festivaliers sont venus du monde entier, ont payé leurs billets, leurs tenues, juste pour ce spectacle. Les badges, tickets et bracelets ont été calibrés pour offrir l’image réelle de notre culture. Nous ne sommes pas méchants, nous protégeons notre patrimoine », a-t-il précisé.

C’est donc sur cette note de rigueur et de satisfaction globale que Nabaya referme ce chapitre culturel pour l’année 2026. Une trêve festive bienvenue pour les populations, alors que les yeux de tout le pays se tournent désormais ce dimanche 31 mai vers les urnes pour le double scrutin législatif et communal. Le Sèdè Dandiya n°4, lui, regarde déjà vers l’avenir avec la promesse d’une 87ᵉ édition encore plus ambitieuse.
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