À l’instar des millions de musulmans à travers le monde, la Guinée a vibré ce mercredi 27 mai 2026, au rythme de l’Aïd el-Kébir. Cette année, la ferveur de la Tabaski revêt une dimension politique toute particulière, le pays se trouvant à seulement quatre jours des élections législatives et communales du 31 mai. C’est au Rond-Point d’Hamdallaye que Dr Dansa Kourouma, candidat de l’UMP (allié de la GMD) et président démissionnaire du CNT, a choisi de célébrer ce moment de dévotion.

À la sortie de la prière, le candidat s’est prêté au traditionnel message à la nation. Un discours fort, oscillant entre un plaidoyer vibrant pour la cohésion sociale et des ambitions économiques particulièrement audacieuses pour l’avenir du pays.
Un impératif de cohésion : « Retournons-nous vers Allah »
Dans un climat électoral naturellement sous tension, Dr Dansa Kourouma a d’emblée voulu placer les leaders politiques et les gouvernants face à leurs responsabilités spirituelles et citoyennes, les invitant à transcender les clivages.

‘’Je m’adresse aux politiciens, je m’adresse à tous ceux qui ont été élevés en dignité pour gouverner, pour diriger ce pays-là. Ceux qui cherchent le pouvoir et ceux qui ont le pouvoir, je demande à chacun et à tous de se donner les mains, d’unir la Guinée et les Guinéens, de démêler les mêmes fils, les fils des mêmes dieux, de démêler les fidèles des mêmes dieux, de démêler dans l’islam, de démêler des religieux. Retournons-nous vers Allah parce qu’il est la solution à nos problèmes. Retournons-nous vers Allah parce qu’il est la solution à tout ce qu’on a besoin comme garantie de développement pour notre pays. Ce message-là, je l’adresse avec un cœur propre et pur. Il y a eu trop de choses dans ce pays-là. Disons, halt, profitons de cette prière pour nous repentir devant Dieu. Donnons-nous la main. La Guinée a quatre régions. Les quatre régions ne sont pas une division, c’est une recherche, c’est une complémentarité, c’est une bénédiction. Nous avons plusieurs ethniques. La diversité ethnique est un atout. C’est plusieurs cultures, c’est plusieurs manières de croire, c’est plusieurs manières de penser. Faisons de cette diversité-là une opportunité pour développer notre pays’’, a-t-il indiqué.

Cap sur 2040 : Faire de la Guinée la locomotive économique du continent
Saluant la maturité du peuple guinéen qui a su préserver la paix civile, le candidat de l’UMP s’est montré résolument optimiste quant à la trajectoire de croissance amorcée sous l’égide de l’actuel chef de l’État. Pour lui, le potentiel guinéen doit propulser le pays aux sommets africains.
‘’D’ailleurs, notre pays est sur la trajectoire de développement. Parce qu’on a refusé de se combattre, parce qu’on a refusé de s’insulter, parce qu’on a refusé de se tuer. Sous le leadership du président de la République, la Guinée aujourd’hui fait partie de la plus grande économie de l’Afrique de l’Ouest. Et in fine, d’ici 2040, la Guinée sera inéluctablement la première économie africaine. Donc la locomotive pour la transformation économique et sociale de l’Afrique. Au-delà de tout ça, la Guinée est un paradis. Ce n’est pas un vain mot. Nous avons des savanes, nous avons des forêts, nous avons la mer, nous avons les montagnes, nous avons les ressources minières. Le paradis s’illustre par les eaux, par les océans, par la pluie, par la verdure. Tout ceci se trouve en Guinée. Alors, Guinéennes, acceptons de faire de ce paradis une réalité. En nous donnant les mains, en nous entraidant, et en priant, et en nous tournant vers l’islam, qui est la religion de Dieu, qui est la religion du prophète Mohammed. C’est la religion du pardon, c’est la religion de l’acceptation, c’est la religion de la cohésion’’, a-t-il souligné.
Prières, loyauté et perspectives d’avenir
Pour clore son allocution, Dr Dansa Kourouma a rappelé la portée spirituelle de ce jour de sacrifice, perçu comme une opportunité de purification collective, avant d’adresser ses vœux de réussite à l’exécutif.

‘’C’est pourquoi, nous célébrons la fête du sacrifice d’Abraham, parce que, tout simplement, c’est pour nous expier de nos péchés, c’est pour nous laver de nos péchés. Tout ce qu’on a fait pendant l’année, c’est une occasion pour nous de se repentir devant Allah. Si je prends la parole, je ne vais pas répéter le serment de l’imam. Et ma prière se clôture pour le chef de l’État. Qu’il soit en bonne santé, qu’il ait l’intelligence, l’innovation, l’inspiration de diriger ce pays-là vers la direction que le pays a prise, le développement socio-économique durable. Je prie pour que tous ces collaborateurs le soient, nous voulons une loyauté indéfectible pour que la Guinée, meilleure que nos pères fondateurs l’ont aspirée, soit aujourd’hui’’, a-t-il affirmé.
À l’aube d’un scrutin présidentiel qui s’annonce historique pour l’avenir de la Guinée, cette prise de parole, mêlant piété religieuse et ambition patriotique, résonne comme un appel solennel.
Pour le candidat, la stabilité politique et la paix sociale demeurent les clés indispensables pour débloquer l’immense potentiel d’émergence du pays.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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