Le procès de la chanteuse Hadiatou Bah, connue sous le nom de scène “Monènè”, s’est ouvert ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Dixinn.
La prévenue est poursuivie pour des faits présumés de diffamation, de proxénétisme, de complicité, de troubles à l’ordre public et d’atteinte à la dignité des individus par le biais d’un système informatique.
À la barre, la chanteuse est revenue sur les circonstances qui l’ont conduite devant la justice, notamment après une émission devenue virale sur les réseaux sociaux.
« J’ai fait une émission chez Saad. Il m’appelait chaque fois. C’est quand j’ai sorti mon clip que j’ai accepté pour faire la promotion. Ils m’ont posé beaucoup de questions, même concernant mon ex-copain Dimoh Hady », a-t-elle expliqué devant le tribunal.
Poursuivant sa déposition, Monènè reconnaît avoir tenu des propos déplacés au cours de l’émission.
« J’ai dit de gros mots qui sont allés partout. Je lui ai demandé de supprimer la vidéo et il l’a fait. Mais le lendemain, j’ai vu des militaires devant le studio. Je leur ai demandé de me présenter la plainte ainsi qu’une pick-up pour que mes voisins sachent au moins où me chercher », a-t-elle déclaré.
Interrogée sur certaines déclarations controversées tenues pendant l’interview, la chanteuse a tenté de relativiser ses propos.
« Quand j’ai dit qu’il y a des hommes qui prennent des femmes pour les droguer et faire ce qu’ils veulent avant de les abandonner, j’ai aussi dit qu’il y a des hommes qui m’appellent pour les aider à avoir des filles à 500 000 GNF et que moi je prends 200 000 GNF. Je ne l’ai jamais fait. C’est la langue qui glisse », s’est-elle défendue.
Au cours des débats, le ministère public l’a également interrogée sur ses liens présumés avec la boîte de nuit “Bellingham”.
« On n’a pas de relation, mais j’y fréquente. J’ai déjà été blessée là-bas. Ils m’avaient demandé pardon. Une autre fois, quelqu’un d’autre a été blessé et j’ai tenté d’intervenir », a expliqué la prévenue.
À la question de savoir pourquoi certains la surnomment “Bandirou”, terme signifiant littéralement “bandit”, Monènè répond :
« Parce que je fréquente les ghettos. »
Elle affirme par ailleurs que l’émission controversée s’inscrivait dans le cadre de la promotion de son clip intitulé “Fait tomber l’argent avant de monter sur une fille”.
Interrogée enfin sur les pratiques dénoncées autour de la boîte Bellingham, la chanteuse a reconnu être en contact avec certaines jeunes filles fréquentant les lieux.
« Oui, il y a des petites filles qui m’appellent “la grande”. Elles fréquentent Bellingham », a-t-elle indiqué devant le tribunal.
Il faut mentionner que Me David BEAVOGUI s’est constitué avocat pour assurer la défense de la prévenue. Pour l’instant elle répond aux questions de Me Ibrahima Baldé qui s’est constitué avocat pour défendre les intérêts de Alpha Oumar Diallo, propriétaire de la boîte Bellingham.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
