La ville de Kankan s’apprête à abriter la 86e édition de la grande Mamaya, prévue du 28 au 30 mai 2026 au stade M’Balou Mady Diakité, sous le thème « Mamaya, miroir de la renaissance culturelle », selon les organisateurs.
Cette édition est organisée par le Sèdè Dandiya N°4, qui poursuit son mandat de cinq ans non renouvelable confié par la notabilité de Kankan. Après avoir mis en valeur successivement la Guinée forestière, le Fouta et la Basse-Côte lors des éditions précédentes, le comité organisateur place cette année la Côte d’Ivoire à l’honneur, dans une dynamique d’ouverture à l’espace mandingue.
À quelques semaines des festivités, les séances de répétition de cette 86e édition ont pris fin ce vendredi 15 mai au chapiteau By Issa, après plusieurs mois de préparation entamés depuis février.
Interrogé sur les attentes du Sèdè cette année, Kaba Dioubaté, chargé de communication et d’information du Sèdè espère qu’en 2026, ‘’il y aura encore beaucoup plus de monde que l’année précédente. Et c’est pourquoi, on a commencé les répétitions au mois de février, c’était juste une manière pour nous d’initier les gens à la danse qui est la Mamaya’’, a-t-il expliqué.
Selon lui, la Mamaya constitue aujourd’hui l’un des plus grands symboles culturels de la Guinée. ‘’Comme vous le savez, la Mamaya, c’est une danse traditionnelle. Donc, le mieux pour nous, c’est que tous les Guinéens, tous ceux qui sont de la région de la Haute-Guinée, du Fouta, de la Basse-Côte et de la Forêt, apprennent cette danse qui nous identifie aujourd’hui au-delà même de la frontière guinéenne’’, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, il estime même qu’aucun autre événement culturel ne mobilise autant. ‘’Aujourd’hui, quand vous remarquez un peu la culture guinéenne, il n’y a pas un grand événement culturel plus que la Mameya. Et c’est pourquoi, avec l’organisation de la Mamaya, le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat nous accompagne toujours. Parce que c’est le plus grand événement culturel’’, a-t-il déclaré.
Pour cette édition 2026, le choix vestimentaire s’est porté sur le « daliba », un tissu traditionnel manding symbolisant l’identité culturelle de la Haute-Guinée. Selon Kaba Dioubaté, cette orientation traduit la volonté du Sèdè d’élargir davantage la portée de la Mamaya à l’ensemble de l’espace mandingue ouest-africain.
‘’En fait, dans nos trois premières éditions, la Guinée compte déjà quatre (4) régions naturelles. Et Kankan, c’est la région mandinga. Notre première année, on avait invité la forêt, on avait porté le forêt sacré. La deuxième année, on a invité le Fouta, on a porté le léppi. Et la dernière édition, c’était la basse côte qui était à l’œuvre et on a pris le kendely. Donc, comme on ne peut pas inviter la Haute Guinée, on a pensé nécessaire de prendre au moins un Tissu manding. Et cette année, nous avons pris le daliba, qui représente la communauté manding. Et comme la côte d’ivoire, la Guinée, le Mali, le Burkina, tous ceux-ci font partie de l’espace manding. Donc, le mieux pour nous, c’était d’internationaliser cette année la Mamaya. C’est pourquoi, le choix de la côte d’ivoire et de la ville d’Odienné comme ville d’honneur’’, a-t-il annoncé.
Pour finir, le Sèdè invite les visiteurs à préserver l’esprit traditionnel de la cérémonie en laissant aux danseurs officiels le soin d’exécuter la Mamaya durant les grandes démonstrations.
‘’Cette année, le message que je voudrais passer à l’ensemble des Guinéens de la diaspora, c’est de faire en sorte que tout le monde puisse participer à la Mamaya. Quand vous prenez un match de football, quand vous venez, vous devez être spectateur. Vous ne pouvez pas être spectateur et acteur du match aussi. Donc, on demande à tout un chacun, cette fois-ci, quand ils viennent, qu’ils prennent la peine de s’asseoir et de donner la place au Sèdè, de danser la danse Mamaya’’, a-t-il lancé.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
